Sommaire, résumés et textes intégraux du n° 110
Revue « Témoigner »
Philippe Mesnard : Éditorial : Demande de fable, exigence de vérité (PDF)

 

Dossier : Déplacements, déportations, exils

Philippe Mesnard : Présentation (PDF)

  • Les déplacements de population sont utilisés par les États ou les groupes criminels pour isoler des populations qu’ils prennent pour cible ou qu’ils veulent s’aliéner. Perte de visibilité publique, privation des repères et des cadres sociaux sont alors des processus complémentaires à la négation des droits communs. Procédant ainsi, il est alors possible de faire subir à ces populations des contraintes (déterritorialisation, travail forcé…) ou des violences (famine, massacre, génocide…). Ces phénomènes, qui ont acquis une ampleur sans précédent après la guerre de 1914-1918, ne cessent de s’accroître à l’échelle du globe. Mais leur réalité se double aussi d’une dimension mémorielle. En effet, il y a une mémoire des déplacements qui s’exprime maintenant à travers la littérature, avec des expositions et dans des musées. Ce dossier traite de ce double aspect historique et mémoriel dont nous sommes les contemporains.

I. Déplacements et déportations

Annette Becker (Université Paris Ouest – Nanterre, Institut Universitaire de France) : Les déplacements de population pendant la Grande Guerre : exodes, refuges, camps, travail forcé (PDF)

  • La Grande Guerre a été, sur un mode délibéré ou inconscient, un laboratoire pour le XXe siècle : un terrain d’expérience de la violence, un lieu d’essai pour la mettre en pratique et optimiser ses effets sur les hommes et sur le matériel. En particulier, les zones d’invasions et d’occupations militaires ont permis de tester, grandeur nature, les déplacements de populations, les répressions, voire les politiques d’extermination, en ce qui concerne les Arméniens dans l’Empire ottoman.
    Le mot exterminare signifie au sens étymologique expulser, mettre hors frontières. Pour les civils envahis et occupés entre 1914 et 1918, « être exterminés » impliquerait cette façon d’être littéralement mis hors combat des fronts militaires alors qu’ils s’y trouvent englobés. Fuir, se réfugier, mode actif, mais forcé par l’invasion ; être expulsé, être déporté, mode passif, forcé, comme otage, ou pour le travail ; dans tous les cas arrachement à son lieu de vie pour un lieu d’exil que l’on sait temporaire, le temps de la guerre. Mais un temporaire qui souvent dure quatre ans. On tentera une typologie – trop – générale, de ces déplacements de populations multiples qui ont touché des millions de civils à travers l’Europe.

Janine Altounian (Écrivain, traductrice) : Lecture et refoulement d’un Journal de déportation (PDF)

  • Une expérience personnelle cherchera à montrer en quoi se modifie la position psychique d’un sujet qui lit un Journal de déportation témoignant d’événements vécus pendant le génocide arménien de 1915 ; en quoi cette lecture modifie son rapport à la vérité et lui révèle qu’il avait refoulé l’impact de faits trop intimes de son histoire personnelle alors qu’il en avait pourtant connaissance depuis longtemps.

II. Exils et exodes

Sandrine Marchand (Université d’Artois) : Taïwan, l’exil impossible (PDF)

  • En 1945, après cinquante ans de colonisation japonaise (1895-1945), Taïwan est remise aux mains du chef du parti nationaliste chinois Chiang Kai-shek qui, avec son gouvernement et son armée, se verra refoulé hors de Chine par les forces communistes dirigées par Mao, lors de la guerre civile qui s’achèvera en 1949. Les Continentaux, ainsi nommés par les Taïwanais de souche, vivront un exil au départ considéré comme provisoire, mais qui s’éternisera jusqu’à aujourd’hui. Le régime nationaliste construit alors un discours nostalgique, anticommuniste, avec l’espoir de la reconquête du continent, dans lequel se retrouvent les continentaux séparés de leurs pays d’origine et de leurs familles. Les Taïwanais de souche, quant à eux, ne se reconnaissent ni dans ce discours ni dans ce gouvernement dont ils sont écartés dès 1945 et vivent dans l’oppression et le souvenir du massacre du 28 février 1947, causé par le gouvernement nationaliste et qui se prolongera, jusqu’au début des années 1960, par la période dite de la Terreur blanche, touchant particulièrement les intellectuels de gauche.
    La situation identitaire complexe de Taïwan est l’objet d’au moins deux récits de mémoire, deux constructions de l’histoire qui entrent en conflits l’un avec l’autre, objets de discours politiques mais aussi d’écrits littéraires et de témoignages. Il s’agira ici de se demander comment une armée déchue et une population exilée s’inscrivent dans une société colonisée par l’ennemi même que cette armée a combattu. Quel est son rapport à ce territoire d’exil, à cette population à la fois étrangère et familière, au continent abandonné aux communistes ? Comment, ensuite, en 1987, après la levée de la loi martiale, les Taïwanais de souche répondent-ils à quarante ans de politique privilégiant les Continentaux et mettant sous silence leur propre oppression ?

Catherine Milkovitch-Rioux (CELIS, Université Blaise-Pascal Clermont-Ferrand 2, Institut d’Histoire du Temps Présent (IHTP) ̶ CNRS, Paris) : Enfance violence exil : Témoignages d’enfants de harkis (PDF)

  • Dans le cadre de la réflexion sur les « déplacements, déportations, exils » initiée par la Fondation Auschwitz, cette présentation se donne pour objet les témoignages que les enfants de harkis ont consacrés aux camps de harkis consécutifs à la guerre d’Algérie. Jean-Jacques Jordi a souligné dans De l’exode à l’exil. Rapatriés et pieds-noirs en France l’ampleur des mouvements de populations sur lesquels la guerre d’Algérie s’est achevée. Les populations dites de « Français musulmans rapatriés » sont concernées, avec les populations pieds-noirs, par cet « exode » et cet « exil » et font spécifiquement l’objet d’un « rapatriement » pris en charge, avec les manquements qu’on connaît, par l’État.
    Pour les enfants de harkis, la mémoire de la guerre d’Algérie se prolonge en une mémoire de l’internement : l’espace algérien de relégation se prolonge dans l’exil des « Français musulmans rapatriés », victimes d’une « immigration de guerre ». En France, les espaces réels de relégation – camps d’accueil, hameaux forestiers ou cités urbaines – où « la mémoire est autant refusée que tue », constituent le cadre de vie du « fils de harki » : on étudiera, dans les témoignages produits par cette seconde génération de la guerre d’Algérie, un héritage paradoxal qui semble faire porter sur les enfants la qualité, l’histoire, les conditions de déplacement, d’exil et d’internement des anciens supplétifs.

Sofia Volpato (ACLI Limburg) : Le premier après-guerre en Italie (PDF)

  • L’article traite de la question de la présence des Italiens en Belgique au XXe siècle. Le phénomène migratoire prend essentiellement son essor après la Première Guerre mondiale : les sociétés de charbonnage cherchent de la main-d’œuvre à l’étranger pour gagner la « bataille du charbon », en stipulant les premiers accords pour le recrutement collectif sous contrôle de l’État. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, on estime que 30 000 Italiens résident en Belgique. Ce déplacement de population entre les deux guerres est à mettre en corrélation avec la fuite du régime dictatorial de Mussolini. En Belgique, les émigrations politique et économique sont imbriquées à tel point au fascisme qu’il est difficile de les distinguer. L’auteur relate des épisodes liés à la propagande, à la Résistance et à la déportation pour arriver jusqu’à la signature du Protocole de 1946 en soulignant que le déplacement, l’exil des Italiens en Belgique est plus une déportation économique car ses caractéristiques rappellent très fortement celle d’une déportation meurtrière.

Maité Molina Marmol (Université de Liège) : Les Niños pendant la guerre civile espagnole, déplacements et placements (le cas de la Belgique) (PDF)

  • La guerre d’Espagne (1936-1939) a provoqué d’importants déplacements de population, volontaires et imposés, internes et externes. Le présent article envisage la spécificité du déplacement des Niños de la Guerra, organisé par le gouvernement espagnol notamment après le bombardement de Guernica en avril 1937. La Belgique est parmi les sept pays qui répondent à l’appel lancé par la République pour l’accueil des enfants : des 32 000 enfants évacués, 5 000 arrivent dans ce pays. Seront envisagées les conditions d’arrivée des Niños, les modalités de leur accueil et du rapatriement de la majorité d’entre eux lors de l’annonce du deuxième conflit mondial, mais également le sort de ceux qui s’installeront définitivement en Belgique.

III. Regards extérieurs

Corine Enaudeau (Philosophe) : Réfugiés et apatrides : des droits en moins, des hommes en trop (PDF)

  • Réclamer en 1942 la constitution d'une armée juive, c'était pour Hannah Arendt imposer une lecture politique de la persécution et affirmer que le peuple juif, pourtant sans territoire ni État, devait défendre son existence collective et revendiquer son identité sur la scène de l'Histoire. S'ouvre alors la question de savoir comment distinguer et articuler peuples, nationalités, nations et États. Car c'est dans le jeu de ces différences que des populations sont exclues du « droit d'avoir des droits », prélude à leur massacre.
    Nous chercherons à comprendre ce que la persécution doit à la confusion entre droit, territoire et identité. Réfugiés et apatrides sont ces parias qui ont perdu, non seulement une demeure géographiquement située, mais surtout le droit d'être ici, où que ce soit, c'est-à-dire d'appartenir au monde visible, d'y apparaître et s'y faire entendre.

 

Varias

Régis Schlagdenhauffen (Docteur en sociologie) – Université de Strasbourg : Le Dodenherdenking à l’Homomonument d’Amsterdam : commémoration des victimes du nazisme et usages politiques de la mémoire (PDF)

  • Cet article propose l’analyse d’une cérémonie commémorative en souvenir des victimes homosexuelles du nazisme qui se déroule tous les ans au pied du plus ancien mémorial « homosexuel », l’Homomonument. Dans un premier temps, l’auteur explique l’origine de la cérémonie et la genèse du lieu. Suite à cela, il examine les relations sociales qui sont valorisées et dévalorisées durant le rite ainsi que la nature des groupes sur lesquels le rite est censé agir, à savoir les nouvelles recrues de l’école de police et les hommes d’origine marocaine principaux auteurs de violences homophobes. L’analyse du rite dans ses dimensions fonctionnelles, performatives et stratégiques montre que la commémoration du Dodenherdenking à l’Homomonument est à la fois une traduction de l’ordre établi et la manifestation d’une situation d’opposition entre groupes minoritaires aux Pays-Bas.

Fleur Kuhn (Université Paris III – Sorbonne Nouvelle) : Nostalgie de la lumière de Patricio Guzmán un lieu de la mémoire chilienne (PDF)

  • Le cinéma, parce qu’il fixe des images de la réalité susceptibles de s’ancrer dans les représentations collectives, est devenu l’un des principaux vecteurs de notre mémoire du XXe siècle. À travers l’exemple de Nostalgie de la lumière, qui est à la fois un film-mémoire et une réflexion sur la mémoire, cet article interroge la capacité qu’ont les images filmiques à former notre représentation du passé et à se constituer en tant qu’acte politique en même temps que comme œuvre artistique. Le documentaire de Patricio Guzmán, empreint d’une poésie contemplative qui contraste avec la lutte active qu’il manifestait dans ses réalisations de 1973, revendique désormais la mémoire du passé comme la seule fondation de l’avenir du Chili. Filmant un lieu de mémoire qui met en abyme sa propre fonction, il montre au spectateur le vaste désert d’Atacama où se croisent des astronomes contemplant les astres, des archéologues venus observer les restes de civilisations précolombiennes et des femmes creusant la terre à la recherche de leurs morts, ensevelis dans ces étendues arides pendant la dictature de Pinochet. À partir de ces regards croisés, ainsi que d’une voix narrative qui ajoute son propre « je » à celui des individus interviewés, le film nous parle tout à la fois de l’origine du Chili, de celle du cinéaste et de celle de l’humanité.

Gezichtspunten over de tentoonstelling Gekleurd verleden. Familie in oorlog voorgesteld in de St Pietersabdij te Gent van 25 november 2010 tot 25 april 2011 [À propos de l’exposition Passé coloré. Famille en guerre, présentée à l’Abbaye Saint-Pierre de Gand du 25 novembre 2010 au 25 avril 2011]

 

Librairie (PDF des notes de lecture)

  • Michaël Tregenza, Aktion T4. Le secret d’État des nazis : l’extermination des handicapés physiques et mentaux, Paris, Calmann-Lévy (Coll. « Mémorial de la Shoah »), 2011.
    Note de lecture en néerlandais par Fabian Van Samang (Historien)
    Note de lecture en anglais par Sash Lewis
  • Hans Günther Adler, Un voyage, Paris, Christian Bourgois, 2011.
    Note de lecture par Aurélia Kaliski (Doctorante Paris III)
  • René Lévy, Jean-Marc Berlière, Le témoin, le sociologue et l’historien : quand des policiers se mettent à table, Paris, Nouveau Monde, 2010.
    Note de lecture par Anthony Michel (Doctorant CREM Metz et IPSE Luxembourg)
  • Zila Rennert, Trois wagons à bestiaux. D’une guerre à l’autre à travers l’Europe centrale 1914-1946, Paris, Phébus, 2007.
    Note de lecture par Julie Laval (Rédactrice – sites internet de théâtre)
  • Pierre Milza, Les derniers jours de Mussolini, Paris, Fayard, 2010.
    Note de lecture par Nancy Berthier (Professeur, Université Paris IV-Sorbonne)
  • Danny Trom, La promesse et l’obstacle : la gauche radicale et le problème juif, Paris, Cerf (Coll. « Passages »), 2007.
    Note de lecture par Anne Roche (Professeur, Université Aix-Marseille)
  • Limore Yagil, La France, terre de refuge et de désobéissance civile (1936-1944) : exemple du sauvetage des juifs, Paris, Cerf (Coll. « Histoire »), 2010.
    Note de lecture par Pierre Carrique (Collège international de philosophie)

Notes de lecture inédites

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Les numéros précedents

  • N° 123 (octobre 2016) : Traduire le témoignage

     

    Présentation du dossier Traduire le témoignage : Quelle est la relation entre le témoignage, défini comme un récit plus ou moins ritualisé portant sur la violence politique et raconté à la première personne, et la traduction ? Et, parallèlement, quelle position le traducteur occupe-t-il par rapport au témoin ? Est-il possible, en tant que traducteur, d’être (ou de devenir) témoin ? Comment, quand et pourquoi traduit-on des témoignages ? À quelles stratégies linguistiques et discursives le traducteur recourt-il quand il se trouve confronté à un texte éthiquement délicat ? Quel rôle joue-t-il dans la transmission du savoir historique, des valeurs culturelles ou de la critique sociale véhiculés par le témoignage ? La traduction a-t-elle tendance à affaiblir ou, au contraire, renforcer la pertinence et l’impact du discours original ? Quelle est l’importance de la traduction dans des contextes littéraires, politiques et institutionnels ? Combien ces contextes spécifiques déterminent-ils la pratique de la traduction ? Dans quelle mesure les processus de transcription, d’édition, de traduction et d’archivage ont-ils un effet sur le texte source ? Et peut-on soutenir les strictes démarcations entre témoigner et traduire, entre témoignage documentaire et littéraire, entre l’original et sa traduction ? Voilà les questions qui seront abordées dans ce dossier.

    Sommaire et résumés

    N° 122 (avril 2016) : Révisionnisme et négationnisme

     

    Au sens strict, le négationnisme est la « doctrine niant la réalité du génocide des Juifs par les nazis, notamment l'existence des chambres à gaz. » (Larousse en ligne) ; par extension, le terme désigne la négation d'autres génocides et d'autres crimes contre l'humanité. La littérature sur le négationnisme est abondante. Il existe des études sur le sujet dans de nombreux pays ainsi que des biographies de négationnistes. Les stratégies argumentatives et rhétoriques des négationnistes ont été largement décryptées. Des sites internet démontent systématiquement leurs sophismes. Si les informations fiables sur le phénomène ne font pas défaut, il est cependant indispensable d'y revenir encore et toujours, et ce, pour plusieurs raisons.

    Sommaire et résumés

    N° 121 (octobre 2015) : Violences radicales en scène

     

    Les violences extrêmes se montrent. Elles crèvent les écrans. Elles surfent d’un style et d’un support à l’autre : reportages d’actualité, documentaires, fictions, arts en tous genres. Pourtant le théâtre se distingue de cette curée, tout en revenant sans cesse sur le sujet. Autrement. Lié, dès ses origines, à la représentation de la cruauté et ayant « miraculeusement » échappé aux polémiques souvent stériles sur l’interdit ou non... de la représentation de la Shoah, c’est toujours avec la même jeunesse qu’il s’intéresse aux violences extrêmes et y entretient sans relâche l’articulation de l’éthique et de l’esthétique.

    Sommaire et résumés

    N° 120 (avril 2015) : Quel avenir pour la mémoire du génocide des Arméniens ?

     

    Le génocide perpétré en 1915 sur les Arméniens de Turquie suscite toujours de nombreux débats, controverses, déclarations de principe, prises de position et oppositions, négation. Pourtant, de plus en plus ouvertement, des liens se tissent, des passerelles sont établies et des échanges renforcés entre les communautés arménienne et turque. Une réconciliation est-elle possible ?

    Sommaire et résumés

    N° 119 (décembre 2014) : Il y a 70 ans, Auschwitz. Retour sur Primo Levi

     

    27 janvier 1945. Il y a 70 ans les premiers soldats de l’Armée rouge pénétraient dans le camp d’Auschwitz marquant définitivement ce que l’on pourrait appeler sa « libération », bien qu’Auschwitz n’ait été, pas plus qu’aucun autre camp nazi, un objectif prioritaire pour aucune des forces alliées. Primo Levi faisait partie des quelques rescapés qui, échappant aux évacuations forcées, étaient restés cachés à Auschwitz. Juif, déporté, chimiste, témoin, écrivain, retour sur cette personnalité complexe, sur son ascension vers ce qu’il a appelé le « rescapé professionnel », sur son œuvre. Sur ce que les mots « résistance », « engagement » ont signifié pour lui.

    Sommaire et résumés

    N° 118 (septembre 2014) : Au nom des victimes. Dictature et terreur d'État en Argentine, Chili et Uruguay

    Après les dictatures qui règnent sur l’Argentine, le Chili et l’Uruguay des années 1970 jusqu’en 1990, le processus de résolution démocratique de ces histoires de terreur semble nécessairement en passer par la construction de récits et, ce faisant, de mémoires qui reconfigurent le passé. Au cœur de ces processus propres à chacun des pays, s’impose la figure de la victime que viennent questionner les textes rassemblés par Claudia Feld, Luciana Messina et Nadia Tahir.

    Sommaire et résumés

    N° 117 (mars 2014) : Amis ? Ennemis ? Relations entre mémoires

    On a beaucoup parlé et écrit sur les mémoires de groupe et communautaires en limitant leur rapport et leur histoire à des conflits, des « guerres », des concurrences, des stratégies d’occultation ou de mise sous silence à tel point que ces termes sont devenus des lieux communs d’une sorte de doxa plus générale sur la mémoire collective et culturelle. Ce dossier propose une lecture critique de ces termes et de cette doxa en venant questionner l’émergence, la constitution et la mise en rapport de différentes mémoires exemplaires des grandes violences du XXe siècle. Il aborde les rapports que ces mémoires peuvent entretenir avec d’autres mémoires dont elles partagent, sinon le même événement, du moins des caractéristiques ou des préoccupations communes.

    Sommaire et résumés

    N° 116 (septembre 2013) : Voyages mémoriels

    Doit-on craindre ce que l’on regroupe sous le terme de « tourisme mémoriel » ? Ou bien doit-on assumer cette réalité de notre époque ? Désormais, tout visiteur, en groupe ou solitaire, se trouve-t-il absorbé par la catégorie de « touriste » ? Ou bien cette catégorie est-elle une réduction intellectuelle bien éloignée de l’expérience que chacun poursuit durant sa visite ? Le problème apparaît sous un jour un peu différent quand on pense aux voyages organisés pour des mineurs encadrés par des adultes, généralement des enseignants. Ce dossier propose de donner les avis d’historiens et pédagogues qui ont l’expérience de tels voyages.

    Sommaire et résumés

    N° 115 (mars 2013) : L’Espagne en construction mémorielle

    Le dossier de ce numéro se donne pour objectif de fournir des points de repère pour mieux comprendre les identités et les relations plurielles qu’entretiennent les mémoires et leur représentation dans l’Espagne contemporaine. En effet, il est nécessaire, aujourd’hui, de porter un nouveau regard non seulement sur les mémoires stratifiées de la guerre civile, de l’exil et de la répression franquiste, mais aussi sur la réception d’autres mémoires telles que celle de la Shoah, et d’en proposer de nouvelles lectures. Il s’agit notamment de mettre en évidence les tensions parfois antagoniques, parfois productrices, entre les actions officielles, celles des associations et les initiatives artistiques.

    Sommaire et résumés

    N° 114 (décembre 2012) : Sites mémoriels

    Comment se présentent aujourd’hui, aux yeux des visiteurs, les sites mémoriaux qui constituent la trace concrète de la mémoire et de l’histoire européennes du XXe siècle ? Les critères d’exposition et de conservation ont changé depuis au moins dix à quinze ans dans la plupart de ceux-ci, tout comme les progrès dans la recherche historique ont changé la façon de lire et de reconstruire les évènements du passé. Cela n’est pas seulement dû au fait que l’on soit passé d’une histoire écrite par des témoins à une histoire écrite par des historiens professionnels. Une nouvelle conscience s’est affirmée concernant les méthodes de transmission (pédagogie de la mémoire). Il a également été nécessaire de renforcer la recherche historique par les méthodes de recherche archéologique. On a déchiré le voile de l’idéologie alors que celui-ci avait souvent guidé ou recouvert les expositions permanentes et les critères de conservation et de visite. Peut-on dire dès lors qu’une nouvelle époque s’est ouverte dans la façon de transmettre la mémoire ? Celle-ci demeure, sous plusieurs aspects, un pari ouvert sur le présent et le futur.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 113 (septembre 2012) : Les tabous de l’histoire allemande

    Les périodes les plus douloureuses ou les plus ambiguës de l’histoire allemande du XXe siècle sont caractérisées par de nombreux tabous que la littérature, la photographie et le cinéma ont exprimés comme autant de « retours du refoulé ». Ces études sont, d’une part, centrées sur les problèmes de l’antisémitisme et, ce faisant, sur les rapports des sociétés germanophones à la Shoah. D’autre part, il est question de la confrontation aux violences subies telles que les bombardements, la fuite devant l’armée rouge et les expulsions, les viols massifs.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 112 (juin 2012) : Les enfants de la Guerre d'Espagne. Expériences et représentations culturelles

    Le dossier de ce numéro est consacré aux expériences et aux représentations culturelles de l’enfance pendant la guerre d’Espagne. Il s’agit d’aider à mieux comprendre ce conflit qui a déchiré une même population sur un même territoire en proposant une mise en regard du vécu des enfants espagnols – consigné sous diverses formes pendant ou après le conflit – et des représentations variées de ces mêmes enfants, en particulier celles émanant des adultes.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 111 (décembre 2011) : Art & propagande : jeux inter-dits

    L’apparition des médias a encouragé les institutions politiques (des partis politiques aux gouvernements) à promouvoir leur image pour emporter la conviction du public auquel elles s’adressaient. Les pouvoirs autoritaires ont trouvé dans cette ressource un moyen de consolider leur domination. Or, comment les artistes ont-ils pu prendre part à la propagande dont l’utilitarisme est à l’opposé des fins que l’on attribue généralement à l’art ? On-t-il dû mettre de côté leur vocation, ou l’ont-ils eux-mêmes détournée ?

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 110 (octobre 2011) : Déplacements, déportations, exils

    Les déplacements de population sont utilisés par les États ou les groupes criminels pour isoler des populations qu’ils prennent pour cible ou qu’ils veulent s’aliéner. Perte de visibilité publique, privation des repères et des cadres sociaux sont alors des processus complémentaires à la négation des droits communs. Procédant ainsi, il est alors possible de faire subir à ces populations des contraintes (déterritorialisation, travail forcé…) ou des violences (famine, massacre, génocide…). Ces phénomènes, qui ont acquis une ampleur sans précédent après la guerre de 1914-1918, ne cessent de s’accroître à l’échelle du globe. Mais leur réalité se double aussi d’une dimension mémorielle. En effet, il y a une mémoire des déplacements qui s’exprime maintenant à travers la littérature, avec des expositions et dans des musées. Ce dossier traite de ce double aspect historique et mémoriel dont nous sommes les contemporains.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 109 (mars 2011) : La bande dessinée dans l'orbe des guerres et des génocides du XXe siècle

    Mise au service ou revenant sur les guerres et génocides du XXe siècle, la bande dessinée fut mêlée aux plus sombres évènements de notre Histoire.
    La première partie du dossier évoque le rôle joué (en France, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas) durant la Seconde Guerre mondiale par des éditeurs et auteurs de bandes dessinées qui se mirent au service de l'envahisseur ou qui, au contraire, lui résistèrent. En relevant les contributions de la bande dessinée aux efforts de guerre, c'est son potentiel même en tant que moyen d'action et de propagande qui est ici mis en exergue.
    La seconde partie du dossier concerne les possibilités d'évocation des auteurs de bandes dessinées lorsqu'ils reviennent sur les évènements. De la première à la Seconde Guerre mondiale, des génocides commis à l'encontre des Arméniens, des Juifs, des Cambodgiens ou des Tutsi aux massacres de Sabra et Chatila, la dimension créative dont fait preuve la bande dessinée en abordant ces sujets longtemps tenus pour inaccessibles atteste de ses capacités à opérer au-delà de la « simple » restitution des faits.

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    N° 108 (septembre 2010) : Le traitement de l'histoire dans les documentaires filmiques

    Ce dossier se propose d'analyser les contraintes qui pèsent sur l'écriture télévisuelle de l'histoire. Il privilégie l'étude des documentaires historiques produits pour/par la télévision, désormais canal de transmission dominant de l'histoire. Aux côtés d'historiens (Annette Becker, Laurent Veray, Isabelle Veyrat-Masson) dont les travaux traitent du rapport à l'image animée et de sa valeur cognitive, d'autres chercheurs et enseignants (Charles Heimberg, Fanny Lautissier, Matthias Steinle) ont été sollicités. Mais la parole a aussi été donnée à tous les acteurs de la production, des réalisateurs (Patricia Bodet, Serge Viallet), des producteurs (Jacques Kirsner) ou encore des documentalistes spécialisées dans la recherche d'archives filmiques (Anne Connan, Christine Loiseau). En raison des enjeux de mémoire et de la question du statut de vérité qu'elle soulève, La chaconne d'Auschwitz, documentaire réalisé par Michel Daëron, a été analysée du point de vue de l'historien-conseiller historique (Sonia Combe) commenté par le réalisateur et la monteuse, Eva Feigeles.

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    n° 107 (juin 2010) : L'Aveu

    Au cours de l’Histoire, l’aveu s’est déplacé de la sphère judiciaire (et/ou du christianisme) vers d’autres composantes sociales. Si bien qu’aujourd’hui, il se manifeste ou s’exprime en nombre d’occasions, ce dont attestent les contributeurs à ce dossier qui envisagent l’aveu dans ce qu’il a de structurant. En effet, qu’ils soient linguistes, spécialistes en études littéraires, historiens, chercheurs en sciences de l’information et de la communication, ces derniers montrent, à partir de l’analyse de textes – littéraires ou non –, de films – de fiction ou pas –, et/ou d’événements particuliers, que l’aveu témoigne du rapport qu’un groupe ou une personnalité entretient à son passé et à son avenir, en même temps qu’aux autres, c’est-à-dire à ceux qui en sont les destinataires. Mais, si plusieurs auteurs montrent comment l’aveu dit le vrai, d’autres montrent aussi qu’il peut s’en éloigner, ou faire accéder à une vérité autre que celle que son auditoire pourrait en attendre.

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 106 (mars 2010) : Faux Témoins

    Dans les sciences humaines et sociales contemporaines, les travaux sur le témoignage et les témoins se sont multipliés. Revers de la médaille, les faux témoignages et les faux témoins sont plutôt délaissés ou laissés en pâture à leurs dénonciateurs. Pourtant, on peut prendre le phénomène au sérieux. Ce dossier le met ainsi « à l’épreuve » en répondant à une série de questions : si l’on est souvent « pris à témoin », quelles sont les configurations sociales et psychologiques faisant qu’on est « pris », plus ou moins longtemps, par la croyance en un faux témoignage ? Quel est le rôle des industries culturelles et médiatiques dans ce phénomène ? Comment penser les relations entre faux témoignage, témoin fictif et fiction ?

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 105 (décembre 2009) : Charlotte Delbo

    Pourquoi un dossier sur Charlotte Delbo ?
    Jusqu'à présent les études majeures sur Charlotte Delbo nous sont venues d'Angleterre et des États-Unis. En France, hormis un cercle restreint de fidèles et d'universitaires, on ne s'est pas intéressé à elle et pas plus à son œuvre. Aucun dossier de revue. Aucun recueil.
    Intellectuelle et femme de théâtre importante, Charlotte Delbo (1913-1985) s'est très tôt engagée du côté des communistes, sans pour autant adhérer au parti. Résistante, elle est arrêtée et déportée dans le convoi du 24 janvier 1943 pour Auschwitz où elle est internée avant d'être transférée à Ravensbrück. Son œuvre testimoniale, l'une des plus importantes sur la terreur concentrationnaire nazie, se prolonge par de nombreux textes, la plupart de théâtre, qui confirment son engagement contre toute forme d'oppression politique, de l'Algérie au Goulag, du Chili à la Grèce.

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    n° 104 (septembre 2009) : L'Antifascisme revisité. Histoire – Idéologie – Mémoire

    À l’occasion du XXe anniversaire de la chute du Mur et de la disparition de la RDA, ce numéro revient sur l’antifascisme comme un des éléments essentiels à la fondation de cette « autre » Allemagne. Antifascisme « décrété », selon les uns, « mythe » selon les autres, ce dossier propose de réinterroger la notion en tenant compte aussi bien des réalités historiques que des manipulations idéologiques. Des recherches récentes, conduites à partir de fonds d’archives encore peu exploités, donnent une image plus nuancée de l’antifascisme en RDA, de ses aspirations, de ses limites et de sa mémoire. Il était important de ne pas en rester au cas allemand, afin de proposer des points de comparaison. Entrent ainsi en ligne de compte la perception de l’antifascisme en Italie et en France, l’histoire complexe de la résistance slovène en Autriche et les aléas d’une association internationale comme la FDIF. Le dossier croise des études historiographiques avec des analyses de documents biographiques, de figures héroïques, d’expositions, de monuments ou d’œuvres littéraires dans les perspectives des « cultural studies ».

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    n° 103 (juin 2009) : Crimes et génocides nazis à l'écran

    Ce dossier intitulé « Crimes et génocides nazis à l'écran » répond à plusieurs attentes. Il s'agit de faire le point sur une iconographie qui a amplement influencé les représentations de la seconde moitié du XXe siècle, faisant du motif concentrationnaire au cinéma, dans la photographie, dans l'art, un genre en soi. Les images des camps nazis, filmées à la fin de la guerre par les troupes alliées qui ont découvert les structures concentrationnaires, ont en effet joué un rôle écrasant dans l'imaginaire des années qui ont suivi. Pour certains, elles ont même fondé la modernité du cinéma. On en trouve des traces dans le film documentaire et le film romanesque, dans les films d'avant-garde et dans le cinéma populaire, dans toutes sortes de productions visuelles venues de tous horizons. On pourrait même considérer que le cinéma des quarante dernières années a impulsé plus qu'il ne l'a accompagnée l'institutionnalisation de la Shoah. Comment analyser cette insistante pénétration ?

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    N° 102 (mars 2009) : Criminels politiques en représentation. Arts, cinéma, théâtre, littérature, médias

    Les arts et la littérature ont toujours réservé une place importante aux crimes et aux grandes violences (martyres, massacres et champs de bataille), cette inclination n’a pas diminué aujourd’hui. Le théâtre a déjà, dans les années 1960, dénoncé les crimes nazis et leurs complices à travers la mise en scène des criminels eux-mêmes (L’Instruction de Peter Weiss, Le Vicaire de Rolf Hochhuth). Mais le nazisme n’est pas leur seul centre d’intérêt. Comme tout despote, Franco a eu son lot d’hagiographes et l’ambiguïté de personnages de la Phalange se retrouve jusqu'à récemment dans des romans mémoriels espagnols. À propos du Rwanda, commencent à paraître des récits qui s’attachent aux génocidaires. Sur les Khmers rouges, quelques films et bandes dessinées ont été réalisés. Ce dossier explore les différentes formes de présence des criminels politiques dans la littérature, le cinéma, le théâtre et les arts plastiques en Europe, en Afrique et en Asie. Il s’intéresse aussi à leur représentation médiatique, notamment en Argentine et en Afrique du Sud, posant la question : le bourreau est-il vraiment un témoin ?

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    N° 101 (décembre 2008) : Quelle pédagogie, pour quelle(s) mémoire(s) ?

    Comment mettre à profit nos expériences aussi diverses que polyphoniques pour repenser aujourd’hui de façon novatrice l’ « éducation à la mémoire » ?
    La pédagogie est investie de la tâche de transmettre ce savoir particulier sur les violences extrêmes que l’on nomme désormais mémoire, terme générique et pourtant combien plurivoque. En vertu de quoi, elle se trouve régulièrement sommée d’apporter des réponses aux attentes qui traversent les sociétés modernes. Il s’agit notamment de satisfaire à la reconnaissance de mémoires qui ont depuis peu émergé et par lesquelles des communautés et des groupes sociaux cherchent à se faire identifier.
    Ce dossier porte l’interrogation sur la pédagogie de la complexité historique au regard de la pluralité des sensibilités communautaires et nationales. Il aborde la question de l’influence de l’actualité mémorielle et de la place qu'y tient la Shoah. De nombreux aspects méthodologiques y sont également abordés.

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    N° 100 (septembre 2008) : Questions de « bourreaux »

    Aujourd’hui, les bourreaux montent plus souvent sur l’échafaud pour y être exécutés que pour y travailler.
    Le sens moderne de « bourreau » couvre un ensemble d’individus qui, des planificateurs aux exécuteurs, en passant par les nombreux intermédiaires, commettent des crimes collectifs qui marquent notre histoire. Les articles que rassemble ce dossier interrogent les bourreaux par leur légende, leur vie privée, leur Journal, leur institution et l’organisation qu’ils ont voulu mettre en place à l’intérieur des lieux où ils sévissent. Le sujet est vaste. Il ne risque pas de se périmer. Il est même d’actualité.

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