Sommaire et résumés du n° 118
Revue « Témoigner »

 

Éditorial : De la circulation des croix gammées (Philippe Mesnard)

 

Agenda

 

Chroniques

  • Le musée juif et le centre pour la tolérance de Moscou (Ewa Bérard)
  • « Ce qu'il est beau ce triste monde » (Isabelle Galichon)
  • Les fosses, les fouilles et l'archéologue
  • Ida, ou nous irons tous au paradis (Gabriel Raichman)
  • De quoi l'image est-elle le témoin ? Entretien avec Christophe Cognet (Luba Jurgenson et Paul Bernard-Nouraud)
  • Danser le réel (Isabelle Galichon)
  • Mémorandum théâtral (Isabelle Galichon)
  • Le carnaval des ombres (Daniel Weyssow)
  • La Passagère, un opéra (Jean-Christophe Le Toquin)

 
Grand angle : 1914-1918 : mémoire de… guerre, de civils, de victimes, d’historiens

  • Tragédie vs catastrophe. Entretien avec Annette Becker (Luba Jurgenson et Philippe Mesnard)
  • Au-delà des légendes. Entretien avec Sophie De Schaepdrijver (Philippe Mesnard et Anneleen Spiessens)
  • La Grande Guerre : du témoin à l’historien, de la mémoire à l’histoire ? (Nicolas Beaupré)

 

Portfolio : Mémoire en stand by, les anciens camps d'extermination en Pologne

 

L’entretien : Joshua Oppenheimer, “The aim of all genuine art is always engaged” (Anneleen Spiessens)

 

Dossier : Au nom des victimes. Dictature et terreur d'État en Argentine, Chili et Uruguay

  • Présentation

  • Quand la victime est introuvable. À propos des détenus disparus au Chili et des parents qui les ont cherchés pendant et après la dictature (Antonia García Castro)
    Consacré à l’Association chilienne de Familles de Détenus Disparus, cet article examine les enjeux de la qualification des victimes pendant et après la dictature (1973-1989). On s’intéresse en particulier aux logiques de l’action des familles et à la manière dont elles se postulent d’abord comme les représentantes d’un tiers qui est aussi et avant tout – à leurs yeux – un acteur politique.

  • Familles et victimes. Quelle place pour les citoyens ? (Elizabeth Jelin)
    Dans l’expérience argentine, la visibilité et la légitimité des voix ancrées dans la perte familiale tout d’abord, puis dans le vécu corporel dû à la répression et la participation politique militante des années 1970, délimitent un cadre politique dans lequel les notions d’« affecté(e) » et de « citoyen(ne) » sont deux éléments antagoniques. Au sein de cette dichotomie, la première notion semble prendre le pas sur la seconde. Cet article s’intéresse à la centralité du familisme et de la voix du témoin dans les politiques de la mémoire actuelles portant sur les crimes commis par la dernière dictature militaire en Argentine (1976-1983). En ce sens, l’analyse porte donc sur l’impact de  la présence publique des voix des proches des victimes et  de celles des survivants dans l’exclusion d’autres voix sociales dans le cadre du débat public sur le sens du passé et  sur les politiques qui doivent être mises en place.

  • La Noche de los lápices et les victimes-innocentes. La construction de récits autour des lycéens disparus (Sandra Raggio)
    Pendant la transition à la démocratie en Argentine, de nombreuses histoires ont circulé sur la répression mise en place par la dictature militaire. Elles ont été racontées par les survivants ou par les proches des disparus. L’un de ces récits a été « la Noche de los lápices » (la nuit des crayons), devenu par la suite un événement emblématique avec de fortes répercussions dans la société. Un livre a été publié, avec plus de dix éditions, et un film réalisé, qui est encore aujourd’hui vu par un large public. Cet article analyse ce qui explique une telle répercussion en se centrant sur la configuration particulière de la victime dans cette trame narrative dans le cadre de ce qu’on appelle le récit de la « victime innocente ».

  • « Subversifs », « torturés », « NN ». Comment la presse argentine de la transition a-t-elle nommé les victimes de la terreur d’État ? (Claudia Feld)
    En 1984, au cours des premiers mois de la transition démocratique en Argentine, les médias ont commencé à aborder, comme sujet principal, la question des disparus et la répression clandestine. Dans le cadre du « destape » (révélation) médiatique, qui commença dans la presse non censurée, cette présentation journalistique, loin d’informer clairement sur le terrorisme d’État, a généré un spectacle macabre et sensationnaliste que certains observateurs de l’époque ont appelé le « show de l’horreur ». Cet article analyse comment a été construite la figure de la victime de la disparition forcée dans la presse argentine publiée entre janvier et mai 1984. L’utilisation de la notion de « victimes » de violations des droits de l’homme ou de « victimes innocentes » de la répression politique pour faire référence aux disparus n’a pas surgi immédiatement dans l’espace de la presse. D’autres figures, telles que celle de « subversifs », « torturés » ou « NN » étaient utilisées. Dans la mesure où cette couverture médiatique a été la première présentation des faits concernant les disparus à un public massif, notre analyse permet de proposer certaines hypothèses relatives aux « luttes entre mémoires » au début de la transition.

  • Victimes du souvenir et de l’oubli. Oblivion et la possibilité de déconstruire les processus de victimisation (Susana Draper)
    Dans cet article, je souhaite m’intéresser à comment émerge la figure de la victime dans l’espace textuel féminin. Cette dernière est liée à une forme de résistance à l’élaboration de stéréotypes de la catégorie autour de deux centres qui dominent la vision du passé. D’un côté, il y a les héros militants qui se souviennent ou sont remémorés dans le cadre d’un récit épique et courageux (masculin). De l’autre, les victimes sans défense se souviennent ou sont remémorées à partir d’une logique subjectiviste de la douleur et de l’impuissance (féminine). En partant de l’analyse un texte précis, Oblivion, d’une ex-prisonnière politique uruguayenne, Edda Fabbri, je souhaite analyser les étapes de déconstruction de cette polarité (héros-victime), en analysant comment la résistance à cette dichotomie structure les façons qu’a Fabbri de mettre en scène le passé. Résister aux deux catégories, celle de l’héroïne militante et celle de la victime sans défense, deviendrait alors une autre façon de penser le passé.

  • Entre innocence et héroïsme. Politiques mémorielles et tensions liées à la qualification des victimes (Luciana Messina)
    Cet article s’intéresse aux tensions qui parcourent la catégorie de « victime » dans les politiques de la mémoire liées à l’élaboration de sites et de lieux du souvenir des crimes du terrorisme d’État en Argentine. Le point de départ de ce travail émerge avec les questions suivantes : comment sont construites, qualifiées et présentées les victimes dans les sites et lieux de mémoire de la ville de Buenos Aires ? Quelles sont les identités en jeu et comment sont-elles caractérisées dans les activités, débats et discussions qui constituent ces lieux ? Pour mener à bien ce travail, nous analyserons certains discours et pratiques produites dans le cadre d’une politique de la mémoire particulière, celle mise en place dans l’ex-centre clandestin de détention Olimpo. Nous nous centrerons plus précisément sur l’étude d’une activité qui met en avant les différences et similitudes aux sens donnés à la catégorie de victime.

  • La place de la victime : deuil et paysage (Jens Andermann)
    Cet article se propose d’explorer certains usages du paysage en tant que figure de la mémoire dans l’architecture et le cinéma des post-dictatures du Cône Sud. Le paysage ouvre à travers l’approche architectonique et cinématographique de la dimension spatiale un seuil où l’absence de place pour le deuil peut être soulignée et comblée. Certaines de ces propositions tendent à la construction de lieux au caractère monumental afin de réinscrire les victimes en leur absence – en tant que noms situés – dans la géographie sociale ; d’autres, en revanche, à l’ouverture d’espaces de l’errance où le deuil devient une pratique esthétique et politique radicale de transformation du présent.

  • Chronologie

  • Bibliographie/filmographie/sitographie

 

Varia

  • It happened seventy years ago, in Hungary (Szabolc Szita)
  • The Death of Ezequiel Demonty and the End of Human Rights in Argentina (David M. K. Sheinin)
  • Mémoire in progress (III) (Philippe Mesnard)

 

Librairie

  • Jean-Claude Snyders, Secret d’enfance (André Rauch)
  • Pierre Bayard, Aurais-je été résistant ou bourreau ? (Michel Enaudeau)
  • Deborah Dwork, Robert Jan Van Pelt, Fuir le Reich, les réfugiés juifs de 1933 à 1946 (Jean-François Forges)
  • Sönke Neitzel, Harald Welzer, Soldats, combattre, tuer, mourir : Procès-verbaux de récits de soldats allemands (Robert Kahn)
  • Alain Kleinberger, Philippe Mesnard (dir.), La Shoah. Théâtre et cinéma aux limites de la représentation (Anne Roche)
  • Valentina Pisanty, Abusi di memoria (Frediano Sessi)
  • Antoine Vitkine, Mein Kampf, histoire d’un livre (Anne Roche)
  • Max Weinreich, Samuel D. Kassow, Hitler et les professeurs (Michel Enaudeau)
  • Ivan Jablonka, Annette Wieviorka, Nouvelles Perspectives sur la Shoah (Anthony Michel)
  • Sharon MacDonald, Memorylands. Heritage and Identity in Europe Today (Dario Miccoli)
  • Oscar Guardiola-Rivera, Story of a Death Foretold: The coup against Salvador Allende, September 11th, 1973 (Lindsey Churchill)
  • Lindsey Churchill, Becoming the Tupamaros: Solidarity and Transnational Revolutionaries in Uruguay and the United States; Federico Finchelstein, The Ideological Origins of the Dirty War: Fascism, Populism, and Dictatorship in Twentieth Century Argentina; Francesca Lessa, Memory and Transitional Justice in Argentina and Uruguay: Against Impunity (David M. K. Sheinin)
  • Arnout Hauben, Johanna Spaey, To War. A Journey Along the Front of World War I (Tom Vanassche)
  • Christopher Clark, The Sleepwalkers. How Europe Went to War in 1914 (Hanna Teichler)


Dictionnaire testimonial et mémoriel

  • Cassandre (Véronique Léonard-Roques)
  • Écrivain combattant (Nicolas Beaupré)
  • L'écriture du désastre (Éric Hoppenot)
  • The grey zone (Stef Craps)
  • Les Justes (Sarah Gensburger)
  • Mémorialiste (Damien Zanone)
  • Postmémoire (Marianne Hirsch)
  • Redignification (Marie Ines Harté)
  • Site mémoriel : Downtown mémoriel (Philippe Mesnard)

 

À lire / à voir / à suivre

 

Laboratoire mémoriel : RWANDA (II) : Les églises-charniers du génocide : le cas de Kibeho (Rémi Korman)

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Les numéros précedents

  • N° 123 (octobre 2016) : Traduire le témoignage

     

    Présentation du dossier Traduire le témoignage : Quelle est la relation entre le témoignage, défini comme un récit plus ou moins ritualisé portant sur la violence politique et raconté à la première personne, et la traduction ? Et, parallèlement, quelle position le traducteur occupe-t-il par rapport au témoin ? Est-il possible, en tant que traducteur, d’être (ou de devenir) témoin ? Comment, quand et pourquoi traduit-on des témoignages ? À quelles stratégies linguistiques et discursives le traducteur recourt-il quand il se trouve confronté à un texte éthiquement délicat ? Quel rôle joue-t-il dans la transmission du savoir historique, des valeurs culturelles ou de la critique sociale véhiculés par le témoignage ? La traduction a-t-elle tendance à affaiblir ou, au contraire, renforcer la pertinence et l’impact du discours original ? Quelle est l’importance de la traduction dans des contextes littéraires, politiques et institutionnels ? Combien ces contextes spécifiques déterminent-ils la pratique de la traduction ? Dans quelle mesure les processus de transcription, d’édition, de traduction et d’archivage ont-ils un effet sur le texte source ? Et peut-on soutenir les strictes démarcations entre témoigner et traduire, entre témoignage documentaire et littéraire, entre l’original et sa traduction ? Voilà les questions qui seront abordées dans ce dossier.

    Sommaire et résumés

    N° 122 (avril 2016) : Révisionnisme et négationnisme

     

    Au sens strict, le négationnisme est la « doctrine niant la réalité du génocide des Juifs par les nazis, notamment l'existence des chambres à gaz. » (Larousse en ligne) ; par extension, le terme désigne la négation d'autres génocides et d'autres crimes contre l'humanité. La littérature sur le négationnisme est abondante. Il existe des études sur le sujet dans de nombreux pays ainsi que des biographies de négationnistes. Les stratégies argumentatives et rhétoriques des négationnistes ont été largement décryptées. Des sites internet démontent systématiquement leurs sophismes. Si les informations fiables sur le phénomène ne font pas défaut, il est cependant indispensable d'y revenir encore et toujours, et ce, pour plusieurs raisons.

    Sommaire et résumés

    N° 121 (octobre 2015) : Violences radicales en scène

     

    Les violences extrêmes se montrent. Elles crèvent les écrans. Elles surfent d’un style et d’un support à l’autre : reportages d’actualité, documentaires, fictions, arts en tous genres. Pourtant le théâtre se distingue de cette curée, tout en revenant sans cesse sur le sujet. Autrement. Lié, dès ses origines, à la représentation de la cruauté et ayant « miraculeusement » échappé aux polémiques souvent stériles sur l’interdit ou non... de la représentation de la Shoah, c’est toujours avec la même jeunesse qu’il s’intéresse aux violences extrêmes et y entretient sans relâche l’articulation de l’éthique et de l’esthétique.

    Sommaire et résumés

    N° 120 (avril 2015) : Quel avenir pour la mémoire du génocide des Arméniens ?

     

    Le génocide perpétré en 1915 sur les Arméniens de Turquie suscite toujours de nombreux débats, controverses, déclarations de principe, prises de position et oppositions, négation. Pourtant, de plus en plus ouvertement, des liens se tissent, des passerelles sont établies et des échanges renforcés entre les communautés arménienne et turque. Une réconciliation est-elle possible ?

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    N° 119 (décembre 2014) : Il y a 70 ans, Auschwitz. Retour sur Primo Levi

     

    27 janvier 1945. Il y a 70 ans les premiers soldats de l’Armée rouge pénétraient dans le camp d’Auschwitz marquant définitivement ce que l’on pourrait appeler sa « libération », bien qu’Auschwitz n’ait été, pas plus qu’aucun autre camp nazi, un objectif prioritaire pour aucune des forces alliées. Primo Levi faisait partie des quelques rescapés qui, échappant aux évacuations forcées, étaient restés cachés à Auschwitz. Juif, déporté, chimiste, témoin, écrivain, retour sur cette personnalité complexe, sur son ascension vers ce qu’il a appelé le « rescapé professionnel », sur son œuvre. Sur ce que les mots « résistance », « engagement » ont signifié pour lui.

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    N° 118 (septembre 2014) : Au nom des victimes. Dictature et terreur d'État en Argentine, Chili et Uruguay

    Après les dictatures qui règnent sur l’Argentine, le Chili et l’Uruguay des années 1970 jusqu’en 1990, le processus de résolution démocratique de ces histoires de terreur semble nécessairement en passer par la construction de récits et, ce faisant, de mémoires qui reconfigurent le passé. Au cœur de ces processus propres à chacun des pays, s’impose la figure de la victime que viennent questionner les textes rassemblés par Claudia Feld, Luciana Messina et Nadia Tahir.

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    N° 117 (mars 2014) : Amis ? Ennemis ? Relations entre mémoires

    On a beaucoup parlé et écrit sur les mémoires de groupe et communautaires en limitant leur rapport et leur histoire à des conflits, des « guerres », des concurrences, des stratégies d’occultation ou de mise sous silence à tel point que ces termes sont devenus des lieux communs d’une sorte de doxa plus générale sur la mémoire collective et culturelle. Ce dossier propose une lecture critique de ces termes et de cette doxa en venant questionner l’émergence, la constitution et la mise en rapport de différentes mémoires exemplaires des grandes violences du XXe siècle. Il aborde les rapports que ces mémoires peuvent entretenir avec d’autres mémoires dont elles partagent, sinon le même événement, du moins des caractéristiques ou des préoccupations communes.

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    N° 116 (septembre 2013) : Voyages mémoriels

    Doit-on craindre ce que l’on regroupe sous le terme de « tourisme mémoriel » ? Ou bien doit-on assumer cette réalité de notre époque ? Désormais, tout visiteur, en groupe ou solitaire, se trouve-t-il absorbé par la catégorie de « touriste » ? Ou bien cette catégorie est-elle une réduction intellectuelle bien éloignée de l’expérience que chacun poursuit durant sa visite ? Le problème apparaît sous un jour un peu différent quand on pense aux voyages organisés pour des mineurs encadrés par des adultes, généralement des enseignants. Ce dossier propose de donner les avis d’historiens et pédagogues qui ont l’expérience de tels voyages.

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    N° 115 (mars 2013) : L’Espagne en construction mémorielle

    Le dossier de ce numéro se donne pour objectif de fournir des points de repère pour mieux comprendre les identités et les relations plurielles qu’entretiennent les mémoires et leur représentation dans l’Espagne contemporaine. En effet, il est nécessaire, aujourd’hui, de porter un nouveau regard non seulement sur les mémoires stratifiées de la guerre civile, de l’exil et de la répression franquiste, mais aussi sur la réception d’autres mémoires telles que celle de la Shoah, et d’en proposer de nouvelles lectures. Il s’agit notamment de mettre en évidence les tensions parfois antagoniques, parfois productrices, entre les actions officielles, celles des associations et les initiatives artistiques.

    Sommaire et résumés

    N° 114 (décembre 2012) : Sites mémoriels

    Comment se présentent aujourd’hui, aux yeux des visiteurs, les sites mémoriaux qui constituent la trace concrète de la mémoire et de l’histoire européennes du XXe siècle ? Les critères d’exposition et de conservation ont changé depuis au moins dix à quinze ans dans la plupart de ceux-ci, tout comme les progrès dans la recherche historique ont changé la façon de lire et de reconstruire les évènements du passé. Cela n’est pas seulement dû au fait que l’on soit passé d’une histoire écrite par des témoins à une histoire écrite par des historiens professionnels. Une nouvelle conscience s’est affirmée concernant les méthodes de transmission (pédagogie de la mémoire). Il a également été nécessaire de renforcer la recherche historique par les méthodes de recherche archéologique. On a déchiré le voile de l’idéologie alors que celui-ci avait souvent guidé ou recouvert les expositions permanentes et les critères de conservation et de visite. Peut-on dire dès lors qu’une nouvelle époque s’est ouverte dans la façon de transmettre la mémoire ? Celle-ci demeure, sous plusieurs aspects, un pari ouvert sur le présent et le futur.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 113 (septembre 2012) : Les tabous de l’histoire allemande

    Les périodes les plus douloureuses ou les plus ambiguës de l’histoire allemande du XXe siècle sont caractérisées par de nombreux tabous que la littérature, la photographie et le cinéma ont exprimés comme autant de « retours du refoulé ». Ces études sont, d’une part, centrées sur les problèmes de l’antisémitisme et, ce faisant, sur les rapports des sociétés germanophones à la Shoah. D’autre part, il est question de la confrontation aux violences subies telles que les bombardements, la fuite devant l’armée rouge et les expulsions, les viols massifs.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 112 (juin 2012) : Les enfants de la Guerre d'Espagne. Expériences et représentations culturelles

    Le dossier de ce numéro est consacré aux expériences et aux représentations culturelles de l’enfance pendant la guerre d’Espagne. Il s’agit d’aider à mieux comprendre ce conflit qui a déchiré une même population sur un même territoire en proposant une mise en regard du vécu des enfants espagnols – consigné sous diverses formes pendant ou après le conflit – et des représentations variées de ces mêmes enfants, en particulier celles émanant des adultes.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 111 (décembre 2011) : Art & propagande : jeux inter-dits

    L’apparition des médias a encouragé les institutions politiques (des partis politiques aux gouvernements) à promouvoir leur image pour emporter la conviction du public auquel elles s’adressaient. Les pouvoirs autoritaires ont trouvé dans cette ressource un moyen de consolider leur domination. Or, comment les artistes ont-ils pu prendre part à la propagande dont l’utilitarisme est à l’opposé des fins que l’on attribue généralement à l’art ? On-t-il dû mettre de côté leur vocation, ou l’ont-ils eux-mêmes détournée ?

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 110 (octobre 2011) : Déplacements, déportations, exils

    Les déplacements de population sont utilisés par les États ou les groupes criminels pour isoler des populations qu’ils prennent pour cible ou qu’ils veulent s’aliéner. Perte de visibilité publique, privation des repères et des cadres sociaux sont alors des processus complémentaires à la négation des droits communs. Procédant ainsi, il est alors possible de faire subir à ces populations des contraintes (déterritorialisation, travail forcé…) ou des violences (famine, massacre, génocide…). Ces phénomènes, qui ont acquis une ampleur sans précédent après la guerre de 1914-1918, ne cessent de s’accroître à l’échelle du globe. Mais leur réalité se double aussi d’une dimension mémorielle. En effet, il y a une mémoire des déplacements qui s’exprime maintenant à travers la littérature, avec des expositions et dans des musées. Ce dossier traite de ce double aspect historique et mémoriel dont nous sommes les contemporains.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 109 (mars 2011) : La bande dessinée dans l'orbe des guerres et des génocides du XXe siècle

    Mise au service ou revenant sur les guerres et génocides du XXe siècle, la bande dessinée fut mêlée aux plus sombres évènements de notre Histoire.
    La première partie du dossier évoque le rôle joué (en France, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas) durant la Seconde Guerre mondiale par des éditeurs et auteurs de bandes dessinées qui se mirent au service de l'envahisseur ou qui, au contraire, lui résistèrent. En relevant les contributions de la bande dessinée aux efforts de guerre, c'est son potentiel même en tant que moyen d'action et de propagande qui est ici mis en exergue.
    La seconde partie du dossier concerne les possibilités d'évocation des auteurs de bandes dessinées lorsqu'ils reviennent sur les évènements. De la première à la Seconde Guerre mondiale, des génocides commis à l'encontre des Arméniens, des Juifs, des Cambodgiens ou des Tutsi aux massacres de Sabra et Chatila, la dimension créative dont fait preuve la bande dessinée en abordant ces sujets longtemps tenus pour inaccessibles atteste de ses capacités à opérer au-delà de la « simple » restitution des faits.

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    N° 108 (septembre 2010) : Le traitement de l'histoire dans les documentaires filmiques

    Ce dossier se propose d'analyser les contraintes qui pèsent sur l'écriture télévisuelle de l'histoire. Il privilégie l'étude des documentaires historiques produits pour/par la télévision, désormais canal de transmission dominant de l'histoire. Aux côtés d'historiens (Annette Becker, Laurent Veray, Isabelle Veyrat-Masson) dont les travaux traitent du rapport à l'image animée et de sa valeur cognitive, d'autres chercheurs et enseignants (Charles Heimberg, Fanny Lautissier, Matthias Steinle) ont été sollicités. Mais la parole a aussi été donnée à tous les acteurs de la production, des réalisateurs (Patricia Bodet, Serge Viallet), des producteurs (Jacques Kirsner) ou encore des documentalistes spécialisées dans la recherche d'archives filmiques (Anne Connan, Christine Loiseau). En raison des enjeux de mémoire et de la question du statut de vérité qu'elle soulève, La chaconne d'Auschwitz, documentaire réalisé par Michel Daëron, a été analysée du point de vue de l'historien-conseiller historique (Sonia Combe) commenté par le réalisateur et la monteuse, Eva Feigeles.

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    n° 107 (juin 2010) : L'Aveu

    Au cours de l’Histoire, l’aveu s’est déplacé de la sphère judiciaire (et/ou du christianisme) vers d’autres composantes sociales. Si bien qu’aujourd’hui, il se manifeste ou s’exprime en nombre d’occasions, ce dont attestent les contributeurs à ce dossier qui envisagent l’aveu dans ce qu’il a de structurant. En effet, qu’ils soient linguistes, spécialistes en études littéraires, historiens, chercheurs en sciences de l’information et de la communication, ces derniers montrent, à partir de l’analyse de textes – littéraires ou non –, de films – de fiction ou pas –, et/ou d’événements particuliers, que l’aveu témoigne du rapport qu’un groupe ou une personnalité entretient à son passé et à son avenir, en même temps qu’aux autres, c’est-à-dire à ceux qui en sont les destinataires. Mais, si plusieurs auteurs montrent comment l’aveu dit le vrai, d’autres montrent aussi qu’il peut s’en éloigner, ou faire accéder à une vérité autre que celle que son auditoire pourrait en attendre.

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 106 (mars 2010) : Faux Témoins

    Dans les sciences humaines et sociales contemporaines, les travaux sur le témoignage et les témoins se sont multipliés. Revers de la médaille, les faux témoignages et les faux témoins sont plutôt délaissés ou laissés en pâture à leurs dénonciateurs. Pourtant, on peut prendre le phénomène au sérieux. Ce dossier le met ainsi « à l’épreuve » en répondant à une série de questions : si l’on est souvent « pris à témoin », quelles sont les configurations sociales et psychologiques faisant qu’on est « pris », plus ou moins longtemps, par la croyance en un faux témoignage ? Quel est le rôle des industries culturelles et médiatiques dans ce phénomène ? Comment penser les relations entre faux témoignage, témoin fictif et fiction ?

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 105 (décembre 2009) : Charlotte Delbo

    Pourquoi un dossier sur Charlotte Delbo ?
    Jusqu'à présent les études majeures sur Charlotte Delbo nous sont venues d'Angleterre et des États-Unis. En France, hormis un cercle restreint de fidèles et d'universitaires, on ne s'est pas intéressé à elle et pas plus à son œuvre. Aucun dossier de revue. Aucun recueil.
    Intellectuelle et femme de théâtre importante, Charlotte Delbo (1913-1985) s'est très tôt engagée du côté des communistes, sans pour autant adhérer au parti. Résistante, elle est arrêtée et déportée dans le convoi du 24 janvier 1943 pour Auschwitz où elle est internée avant d'être transférée à Ravensbrück. Son œuvre testimoniale, l'une des plus importantes sur la terreur concentrationnaire nazie, se prolonge par de nombreux textes, la plupart de théâtre, qui confirment son engagement contre toute forme d'oppression politique, de l'Algérie au Goulag, du Chili à la Grèce.

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    n° 104 (septembre 2009) : L'Antifascisme revisité. Histoire – Idéologie – Mémoire

    À l’occasion du XXe anniversaire de la chute du Mur et de la disparition de la RDA, ce numéro revient sur l’antifascisme comme un des éléments essentiels à la fondation de cette « autre » Allemagne. Antifascisme « décrété », selon les uns, « mythe » selon les autres, ce dossier propose de réinterroger la notion en tenant compte aussi bien des réalités historiques que des manipulations idéologiques. Des recherches récentes, conduites à partir de fonds d’archives encore peu exploités, donnent une image plus nuancée de l’antifascisme en RDA, de ses aspirations, de ses limites et de sa mémoire. Il était important de ne pas en rester au cas allemand, afin de proposer des points de comparaison. Entrent ainsi en ligne de compte la perception de l’antifascisme en Italie et en France, l’histoire complexe de la résistance slovène en Autriche et les aléas d’une association internationale comme la FDIF. Le dossier croise des études historiographiques avec des analyses de documents biographiques, de figures héroïques, d’expositions, de monuments ou d’œuvres littéraires dans les perspectives des « cultural studies ».

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    n° 103 (juin 2009) : Crimes et génocides nazis à l'écran

    Ce dossier intitulé « Crimes et génocides nazis à l'écran » répond à plusieurs attentes. Il s'agit de faire le point sur une iconographie qui a amplement influencé les représentations de la seconde moitié du XXe siècle, faisant du motif concentrationnaire au cinéma, dans la photographie, dans l'art, un genre en soi. Les images des camps nazis, filmées à la fin de la guerre par les troupes alliées qui ont découvert les structures concentrationnaires, ont en effet joué un rôle écrasant dans l'imaginaire des années qui ont suivi. Pour certains, elles ont même fondé la modernité du cinéma. On en trouve des traces dans le film documentaire et le film romanesque, dans les films d'avant-garde et dans le cinéma populaire, dans toutes sortes de productions visuelles venues de tous horizons. On pourrait même considérer que le cinéma des quarante dernières années a impulsé plus qu'il ne l'a accompagnée l'institutionnalisation de la Shoah. Comment analyser cette insistante pénétration ?

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 102 (mars 2009) : Criminels politiques en représentation. Arts, cinéma, théâtre, littérature, médias

    Les arts et la littérature ont toujours réservé une place importante aux crimes et aux grandes violences (martyres, massacres et champs de bataille), cette inclination n’a pas diminué aujourd’hui. Le théâtre a déjà, dans les années 1960, dénoncé les crimes nazis et leurs complices à travers la mise en scène des criminels eux-mêmes (L’Instruction de Peter Weiss, Le Vicaire de Rolf Hochhuth). Mais le nazisme n’est pas leur seul centre d’intérêt. Comme tout despote, Franco a eu son lot d’hagiographes et l’ambiguïté de personnages de la Phalange se retrouve jusqu'à récemment dans des romans mémoriels espagnols. À propos du Rwanda, commencent à paraître des récits qui s’attachent aux génocidaires. Sur les Khmers rouges, quelques films et bandes dessinées ont été réalisés. Ce dossier explore les différentes formes de présence des criminels politiques dans la littérature, le cinéma, le théâtre et les arts plastiques en Europe, en Afrique et en Asie. Il s’intéresse aussi à leur représentation médiatique, notamment en Argentine et en Afrique du Sud, posant la question : le bourreau est-il vraiment un témoin ?

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 101 (décembre 2008) : Quelle pédagogie, pour quelle(s) mémoire(s) ?

    Comment mettre à profit nos expériences aussi diverses que polyphoniques pour repenser aujourd’hui de façon novatrice l’ « éducation à la mémoire » ?
    La pédagogie est investie de la tâche de transmettre ce savoir particulier sur les violences extrêmes que l’on nomme désormais mémoire, terme générique et pourtant combien plurivoque. En vertu de quoi, elle se trouve régulièrement sommée d’apporter des réponses aux attentes qui traversent les sociétés modernes. Il s’agit notamment de satisfaire à la reconnaissance de mémoires qui ont depuis peu émergé et par lesquelles des communautés et des groupes sociaux cherchent à se faire identifier.
    Ce dossier porte l’interrogation sur la pédagogie de la complexité historique au regard de la pluralité des sensibilités communautaires et nationales. Il aborde la question de l’influence de l’actualité mémorielle et de la place qu'y tient la Shoah. De nombreux aspects méthodologiques y sont également abordés.

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 100 (septembre 2008) : Questions de « bourreaux »

    Aujourd’hui, les bourreaux montent plus souvent sur l’échafaud pour y être exécutés que pour y travailler.
    Le sens moderne de « bourreau » couvre un ensemble d’individus qui, des planificateurs aux exécuteurs, en passant par les nombreux intermédiaires, commettent des crimes collectifs qui marquent notre histoire. Les articles que rassemble ce dossier interrogent les bourreaux par leur légende, leur vie privée, leur Journal, leur institution et l’organisation qu’ils ont voulu mettre en place à l’intérieur des lieux où ils sévissent. Le sujet est vaste. Il ne risque pas de se périmer. Il est même d’actualité.

    Sommaire, résumés et textes intégraux

 
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