Sommaire et résumés du n° 119
Revue « Témoigner »

 

Éditorial : Ce qu'il nous revient d'affronter (Philippe Mesnard)

 

Agenda

 

Chroniques

  • Revealing the image, revealing truth: Interview with Daniel Hernández-Salazar (Anneleen Spiessens et Janiv Stamberger)
  • Le focus générationnel : Generation War (Gabriel Raichman)
  • Les sorties de l’année (Gabriel Raichman)
  • Pour une mise à NU : Passages de Catherine Dajczman (Émilie Patrie)
  • Anne Frank sur scène : le succès d'un symbole (entretien avec David Barnouw) (Fransiska Louwagie, Anna Scanlon et Fabian Van Samang)
  • « Nouvelles histoires de fantômes » : de l’image comme survivance mémorielle (Isabelle Galichon)
  • L'opéra inachevé (Dominique Adrian)
  • Babi Yar, témoignage extraordinaire par Kondrachine (Jean-Christophe Le Toquin)
  • Korngold à Musiques interdites (Jean-Luc Clairet)

 

Portfolio : Perpetrators

L'entretien : Janine Altounian, « J'ai senti physiquement ce que c'était que d'appartenir à une minorité discriminée » (Luba Jurgenson et Philippe Mesnard)

 

Dossier : Il y a 70 ans, Auschwitz. Retour sur Primo Levi
Dossier dirigé par Philippe Mesnard

  • Présentation (Philippe Mesnard)

 

  • Primo Levi et la Résistance (Frediano Sessi)
    Dans la nuit du 12 au 13 décembre 1943, Primo Levi est arrêté à Amay dans le Val d’Aoste, durant une action menée par la milice fasciste contre les partisans. À ses côtés, on arrête également Luciana Nissim, Vanda Maestro, Aldo Piacenza ainsi que Guido Bachi. Durant quelques semaines, ils avaient formé une bande de rebelles proche du mouvement de résistance Justice et Liberté (Giustizia e Libertà). Bien que cet épisode inaugura son calvaire en tant que Juif déporté à Auschwitz, Primo Levi ne parlera que très peu et sporadiquement de son expérience parmi les partisans dans la montagne. De fait, il la définira comme « la période la plus opaque » de son parcours. Il écrira « c’est une histoire de jeunes bien intentionnés mais imprudents et imbéciles, à classer parmi les choses à oublier ». Pourquoi un jugement aussi sévère doublé d’un silence interrompu uniquement par quelques pages d’histoires et d’allusions dans les œuvres littéraires et testimoniales ? L’exécution sommaire au cœur de la bande de deux jeunes qui, de par leurs actions, menaçaient la sécurité et la vie même du groupe de partisans peut certainement y avoir contribué. Et de toute façon, la reconstruction ponctuelle et documentée des semaines qui verront Levi passer du choix antifasciste à la lutte partisane ouvre d’autres perspectives et suggère un lien de continuité entre la vie partisane et la lutte pour la survie à Auschwitz.

 

  • Entre témoignage et mémoire, quelle place pour Primo Levi ? (Philippe Mesnard)

 

  • Le Système périodique : cryptages et décryptages (Luba Jurgenson)
    Dans le contexte des années 1960 et 1970 qui voient s’épanouir une littérature de la contrainte organisée selon le modèle scientifique, le projet de Levi de mêler ses deux métiers dans une œuvre faisant « système » peut être vu comme la conquête d’un territoire littéraire spécifique : contrairement à l’opinion répandue, celui-ci, loin de l’assigner à son identité de chimiste, consoliderait au contraire son statut d’écrivain. C’est probablement avec cette même visée que Levi fait alterner, dans ce texte en apparence autobiographique, des éléments testimoniaux et fictionnels, jouant avec son lecteur voire le déstabilisant en dépit de l’exigence de clarté qu’il affiche par ailleurs dans ses articles et interviews. Ce brouillage est probablement une réponse à la vaine recherche de clé pour comprendre le monde et pour comprendre Auschwitz (objectifs qui se rejoignent, car Auschwitz est bien de ce monde) : l’un et l’autre semblent être des « machineries » face auxquelles l’écrivain trame à son tour un système de cryptages.

 

  • Levi, Calvino et la zone grise (Carlo Ginzburg)

 

  • Mes deux rencontres avec Primo Levi (Daniela Amsallem)
    Primo Levi a accordé deux entretiens à Daniela Amsallem, le 15 juillet 1980 dans son appartement de Turin, puis plus brièvement le 21 novembre 1986, quelques mois avant de mourir, lors d’un colloque sur la déportation. De larges extraits traduits en français sont cités dans ce texte, qui évoque les différents sujets qui ont été abordés. Entre autres, le ton rationnel et dépassionné de Si c’est un homme, la position de l’auteur vis-à-vis de la souffrance et de Dieu : Levi n’osait pas se déclarer athée, car il ne niait pas Dieu, mais très tôt l’intérêt scientifique avait prévalu chez lui et la théorie de Darwin avait remplacé la loi de Moïse. Interrogé sur ce qu’on appelle communément le « complexe du survivant », il avait préféré parler d’une « souffrance », par rapport à ses camarades qui n’étaient pas revenus ; il s’agissait cependant d’une expérience qui lui avait conféré « un étrange pouvoir de parole », et qui, dans son cas, s’était révélée être « une expérience extrêmement douloureuse mais précieuse » qui lui avait fourni « une certaine compréhension du monde et la faculté d’y réfléchir ». Se définissant « Moi, homme rationnel et laïque », il avait souligné son laïcisme et sa foi en la raison, et interrogé sur la confiance que l’on pouvait encore accorder à l’homme, après Auschwitz, il avait affirmé être pessimiste dans les idées et optimiste dans les actions. Il avait évoqué également son dialogue avec les jeunes, nécessaire mais de plus en plus difficile, à cause d’une « dérive » qu’il percevait lors de ses visites dans les écoles, d’un intérêt désormais « archéologique » chez ces jeunes qui écoutaient les récits de la Seconde Guerre mondiale et de la déportation comme s’il s’agissait d’un roman, « le monde [ayant] désormais avancé de deux générations ». Et il avait relaté en 1980 cette anecdote, qui devait figurer ensuite dans Les Naufragés et les rescapés, son testament spirituel qu’il était déjà en train d’écrire à l’époque, de l’écolier qui, l’ayant écouté attentivement, avait tracé sur le tableau noir un plan d’évasion, en ajoutant : « Pensez-y pour la prochaine fois ! »

 

  • Retour à Auschwitz (Entretien avec Primo Levi en juin 1982 par Daniel Toaff et Emmanuele Ascarelli)

 

  • Biographie

 

  • Bibliographie sélective

 

Varia

  • Le temps est-il sorti de ses gonds ? Ascension et déclin du régime temporel de la Modernité (Clotilde Coueille)
    Dans Ist die Zeit aus den Fugen? (2013), Aleida Assmann prend du recul par rapport à ses travaux sur la mémoire collective après la Seconde guerre mondiale en resituant la « culture de la mémoire » qui caractérise aujourd’hui la société occidentale dans une perspective plus longue de notre rapport au temps. À travers une démonstration qui se nourrit des expériences et réflexions d’écrivains qui vont de Shakespeare à Virginia Woolf en passant par Baudelaire et Tolstoï, Aleida Assmann fait ressortir toute la complexité de la relation entre temps et Modernité. Cet article se propose, sous la forme d’un compte rendu critique, d’explorer la richesse de cet ouvrage ainsi que les questionnements qu’il suscite : pourquoi le choix de s’arrêter sur le régime d’historicité de la Modernité ? Pourquoi se confronter au point de vue des historiens sur notre rapport actuel au passé, au présent et au futur, sans s’appuyer sur une tradition de pensée philosophique ? Quels sont enfin les enjeux qui s’y dessinent pour les études mémorielles, dont l’auteur est la chef de file en Allemagne ?

 

  • Topoï d'Arno Gisinger (Aurélie Barjonet)
    Il s’agit d’un compte rendu de l’ouvrage du photographe-historien Arno Gisinger (Topoï, Trans Photographic Press / Bucher Verlag, 2013, 335 p., 49 €). Y sont exposés ses travaux des vingt dernières années portant sur un très grand nombre de mémoires : mémoires de victimes du nazisme (victimes juives, civiles et nomades), mémoires de résistants (Indices), d’exécuteurs (les deux projets consacrés à Nuremberg), mais aussi la mémoire du fascisme italien (Siegesdenkmal), et la commémoration de « héros » récents (Plan américain). Comme le faisaient déjà ses expositions, cet ouvrage invite à questionner la mémoire, ici par le biais d’un choix de photograhies, de textes poétiques et d’un commentaire d’expert. Le compte rendu tente de saisir la qualité heuristique de ce travail photographique.

 

  • Témoignage direct et témoignage des traces. Sarah Kofman, Hélène Berr et Dora Bruder à Paris pendant l’Occupation allemande (Désirée Schyns)
    Cet article traite de l’exploration des discours sur l’évocation d’une mémoire douloureuse dans deux témoignages et dans une fiction. Quelle est la différence entre le témoignage et la fiction quand il s’agit de mémoire traumatisante ? Il s’agit de textes sur la persécution des Juifs à Paris pendant l’Occupation. D’abord, l'auteure évoque l’autobiographie Rue Ordener rue Labat de la philosophe Sarah Kofman, qui a consigné dans les années 1990 ses souvenirs des  événements de l’Occupation et sa période de clandestinité ; ensuite la fiction Dora Bruder de Patrick Modiano, qui écrit à partir de la « mémoire de seconde main » sur la fugue d’une jeune fille juive, dont il suit l’errance dans Paris pendant les razzias qui auront finalement raison d’elle ;  et en dernier lieu le journal d’Hélène Berr, écrit « sur le vif » entre 1942 et 1944. Quel est l’effet du décalage temporel qui marque les trois documents ? Expriment-ils un « désir de futur » et quelle transmission mémorielle assurent-ils ?

 

  • Rwanda 1994-2014 : le génocide à l'épreuve de la fiction (François-Xavier Destors)
    Parmi le foisonnement d’œuvres artistiques qui construisent la mémoire du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda depuis vingt ans, de nombreux cinéastes ont relevé le défi de la fiction. Plus d’une douzaine de longs-métrages de fiction ont ainsi vu le jour, en parallèle du temps de la reconstruction et de la justice, réalisés dans leur grande majorité par des cinéastes occidentaux. Le regard qu’ils engagent dans leur démarche de création et qu’ils portent à l’écran soulève plusieurs enjeux d’ordre historique, éthique et esthétique, tant vis-à-vis d’une vérité encore en train de s’écrire que de la mémoire des victimes. Comment s’approcher au plus près de l’événement en transgressant, par essence, le réel ? Comment donner à voir l’horreur des cent jours sans tomber dans le spectacle, le voyeurisme ou le traumatisme visuel ? Quelles stratégies narratives utiliser pour raconter l’inénarrable des survivants ? Comment suggérer, par la fiction, la nature même du crime, à savoir l’extermination planifiée et systématique de plus de 800 000 Tutsi du Rwanda ? Sous forme de bilan, cet article montre comment, au nom du réalisme et du « vraisemblable », les films qui abordent frontalement le génocide mettent en scène les potentialités et les limites de la représentation. Il insiste également sur les enjeux de l’espace cinématographique où s’élabore, pour le tiers comme pour le rescapé, le langage d’une mémoire à recomposer.

 

Dictionnaire testimonial et mémoriel

  • Archeology of the Holocaust (Isaac Gilead)
  • Les Frontoviki : écrivains combattants soviétiques (Luba Jurgenson)
  • Geoffrey Hartman (Pieter Vermeulen)
  • Bartolomé de Las Casas (Nejma Kermele)
  • Memory and the Anthropocene (Richard Crownshaw)
  • Multidirectional Memory (Michael Rothberg)
  • September 11, 2001 (Lucy Bond)
  • Tourism and memory (Jessica Rapson)
  • Transcultural memory (Astrid Erll)
  • Site mémoriel : Dixmude (Anneleen Spiessens)

 

Laboratoire mémoriel :

  • Rwanda (épisode 3) : Les Arts et la représentation du génocide des Tutsi (Rémi Korman)
  • Belgique (épisode 1) (Olivier Luminet)
  • Les commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale en Belgique : La République fédérale d’Allemagne et l’éthique reconstructive (Geneviève Warland, Laurence van Ypersele et Valérie Rosoux)
 

Librairie

  • Peter Longerich, Goebbels (Jean-François Forges)
  • Omer Bartov, Eric D. Weitz (dir.), Shatterzone of Empires (Luba Jurgenson)
  • Anne Grynberg, Johanna Linsler (dir.), L’irréparable. Itinéraires d’artistes et d’amateurs d’art juifs, réfugiés du « Troisième Reich » en France (Paul Bernard-Nouraud)
  • Catherine Perret, L’enseignement de la torture, réflexions sur Jean Améry (Yoann Sarrat)
  • Boris Pahor, Quand Ulysse revient à Trieste (Anne Roche)
  • Lucie Taïeb, Territoires de mémoire. L’écriture poétique à l’épreuve de la violence historique (Désirée Schyns)
  • Jean-Pierre Guéno, Les enfants du silence. Mémoires d’enfants cachés (Jean-Pierre Pisetta)
  • Sophie Baby, Le mythe de la transition pacifique. Violence et politique en Espagne (1975-1982) (Nancy Berthier)
  • Jean-Pierre Chrétien, Marcel Kabanda, Rwanda. Racisme et génocide. L’idéologie hamitique (Jean-Pierre Pisetta)
  • Caroline Alexander, Ciel avec trou noir (Henri Goldberg)
  • Général André Rogerie, Vivre c’est vaincre. J’ai été témoin de l’Holocauste (Henri Goldberg)

 

À lire/À voir/À suivre

La Revue est disponible en ligne sur 
revues.org


revues.org

Les numéros précedents

  • N° 123 (octobre 2016) : Traduire le témoignage

     

    Présentation du dossier Traduire le témoignage : Quelle est la relation entre le témoignage, défini comme un récit plus ou moins ritualisé portant sur la violence politique et raconté à la première personne, et la traduction ? Et, parallèlement, quelle position le traducteur occupe-t-il par rapport au témoin ? Est-il possible, en tant que traducteur, d’être (ou de devenir) témoin ? Comment, quand et pourquoi traduit-on des témoignages ? À quelles stratégies linguistiques et discursives le traducteur recourt-il quand il se trouve confronté à un texte éthiquement délicat ? Quel rôle joue-t-il dans la transmission du savoir historique, des valeurs culturelles ou de la critique sociale véhiculés par le témoignage ? La traduction a-t-elle tendance à affaiblir ou, au contraire, renforcer la pertinence et l’impact du discours original ? Quelle est l’importance de la traduction dans des contextes littéraires, politiques et institutionnels ? Combien ces contextes spécifiques déterminent-ils la pratique de la traduction ? Dans quelle mesure les processus de transcription, d’édition, de traduction et d’archivage ont-ils un effet sur le texte source ? Et peut-on soutenir les strictes démarcations entre témoigner et traduire, entre témoignage documentaire et littéraire, entre l’original et sa traduction ? Voilà les questions qui seront abordées dans ce dossier.

    Sommaire et résumés

    N° 122 (avril 2016) : Révisionnisme et négationnisme

     

    Au sens strict, le négationnisme est la « doctrine niant la réalité du génocide des Juifs par les nazis, notamment l'existence des chambres à gaz. » (Larousse en ligne) ; par extension, le terme désigne la négation d'autres génocides et d'autres crimes contre l'humanité. La littérature sur le négationnisme est abondante. Il existe des études sur le sujet dans de nombreux pays ainsi que des biographies de négationnistes. Les stratégies argumentatives et rhétoriques des négationnistes ont été largement décryptées. Des sites internet démontent systématiquement leurs sophismes. Si les informations fiables sur le phénomène ne font pas défaut, il est cependant indispensable d'y revenir encore et toujours, et ce, pour plusieurs raisons.

    Sommaire et résumés

    N° 121 (octobre 2015) : Violences radicales en scène

     

    Les violences extrêmes se montrent. Elles crèvent les écrans. Elles surfent d’un style et d’un support à l’autre : reportages d’actualité, documentaires, fictions, arts en tous genres. Pourtant le théâtre se distingue de cette curée, tout en revenant sans cesse sur le sujet. Autrement. Lié, dès ses origines, à la représentation de la cruauté et ayant « miraculeusement » échappé aux polémiques souvent stériles sur l’interdit ou non... de la représentation de la Shoah, c’est toujours avec la même jeunesse qu’il s’intéresse aux violences extrêmes et y entretient sans relâche l’articulation de l’éthique et de l’esthétique.

    Sommaire et résumés

    N° 120 (avril 2015) : Quel avenir pour la mémoire du génocide des Arméniens ?

     

    Le génocide perpétré en 1915 sur les Arméniens de Turquie suscite toujours de nombreux débats, controverses, déclarations de principe, prises de position et oppositions, négation. Pourtant, de plus en plus ouvertement, des liens se tissent, des passerelles sont établies et des échanges renforcés entre les communautés arménienne et turque. Une réconciliation est-elle possible ?

    Sommaire et résumés

    N° 119 (décembre 2014) : Il y a 70 ans, Auschwitz. Retour sur Primo Levi

     

    27 janvier 1945. Il y a 70 ans les premiers soldats de l’Armée rouge pénétraient dans le camp d’Auschwitz marquant définitivement ce que l’on pourrait appeler sa « libération », bien qu’Auschwitz n’ait été, pas plus qu’aucun autre camp nazi, un objectif prioritaire pour aucune des forces alliées. Primo Levi faisait partie des quelques rescapés qui, échappant aux évacuations forcées, étaient restés cachés à Auschwitz. Juif, déporté, chimiste, témoin, écrivain, retour sur cette personnalité complexe, sur son ascension vers ce qu’il a appelé le « rescapé professionnel », sur son œuvre. Sur ce que les mots « résistance », « engagement » ont signifié pour lui.

    Sommaire et résumés

    N° 118 (septembre 2014) : Au nom des victimes. Dictature et terreur d'État en Argentine, Chili et Uruguay

    Après les dictatures qui règnent sur l’Argentine, le Chili et l’Uruguay des années 1970 jusqu’en 1990, le processus de résolution démocratique de ces histoires de terreur semble nécessairement en passer par la construction de récits et, ce faisant, de mémoires qui reconfigurent le passé. Au cœur de ces processus propres à chacun des pays, s’impose la figure de la victime que viennent questionner les textes rassemblés par Claudia Feld, Luciana Messina et Nadia Tahir.

    Sommaire et résumés

    N° 117 (mars 2014) : Amis ? Ennemis ? Relations entre mémoires

    On a beaucoup parlé et écrit sur les mémoires de groupe et communautaires en limitant leur rapport et leur histoire à des conflits, des « guerres », des concurrences, des stratégies d’occultation ou de mise sous silence à tel point que ces termes sont devenus des lieux communs d’une sorte de doxa plus générale sur la mémoire collective et culturelle. Ce dossier propose une lecture critique de ces termes et de cette doxa en venant questionner l’émergence, la constitution et la mise en rapport de différentes mémoires exemplaires des grandes violences du XXe siècle. Il aborde les rapports que ces mémoires peuvent entretenir avec d’autres mémoires dont elles partagent, sinon le même événement, du moins des caractéristiques ou des préoccupations communes.

    Sommaire et résumés

    N° 116 (septembre 2013) : Voyages mémoriels

    Doit-on craindre ce que l’on regroupe sous le terme de « tourisme mémoriel » ? Ou bien doit-on assumer cette réalité de notre époque ? Désormais, tout visiteur, en groupe ou solitaire, se trouve-t-il absorbé par la catégorie de « touriste » ? Ou bien cette catégorie est-elle une réduction intellectuelle bien éloignée de l’expérience que chacun poursuit durant sa visite ? Le problème apparaît sous un jour un peu différent quand on pense aux voyages organisés pour des mineurs encadrés par des adultes, généralement des enseignants. Ce dossier propose de donner les avis d’historiens et pédagogues qui ont l’expérience de tels voyages.

    Sommaire et résumés

    N° 115 (mars 2013) : L’Espagne en construction mémorielle

    Le dossier de ce numéro se donne pour objectif de fournir des points de repère pour mieux comprendre les identités et les relations plurielles qu’entretiennent les mémoires et leur représentation dans l’Espagne contemporaine. En effet, il est nécessaire, aujourd’hui, de porter un nouveau regard non seulement sur les mémoires stratifiées de la guerre civile, de l’exil et de la répression franquiste, mais aussi sur la réception d’autres mémoires telles que celle de la Shoah, et d’en proposer de nouvelles lectures. Il s’agit notamment de mettre en évidence les tensions parfois antagoniques, parfois productrices, entre les actions officielles, celles des associations et les initiatives artistiques.

    Sommaire et résumés

    N° 114 (décembre 2012) : Sites mémoriels

    Comment se présentent aujourd’hui, aux yeux des visiteurs, les sites mémoriaux qui constituent la trace concrète de la mémoire et de l’histoire européennes du XXe siècle ? Les critères d’exposition et de conservation ont changé depuis au moins dix à quinze ans dans la plupart de ceux-ci, tout comme les progrès dans la recherche historique ont changé la façon de lire et de reconstruire les évènements du passé. Cela n’est pas seulement dû au fait que l’on soit passé d’une histoire écrite par des témoins à une histoire écrite par des historiens professionnels. Une nouvelle conscience s’est affirmée concernant les méthodes de transmission (pédagogie de la mémoire). Il a également été nécessaire de renforcer la recherche historique par les méthodes de recherche archéologique. On a déchiré le voile de l’idéologie alors que celui-ci avait souvent guidé ou recouvert les expositions permanentes et les critères de conservation et de visite. Peut-on dire dès lors qu’une nouvelle époque s’est ouverte dans la façon de transmettre la mémoire ? Celle-ci demeure, sous plusieurs aspects, un pari ouvert sur le présent et le futur.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 113 (septembre 2012) : Les tabous de l’histoire allemande

    Les périodes les plus douloureuses ou les plus ambiguës de l’histoire allemande du XXe siècle sont caractérisées par de nombreux tabous que la littérature, la photographie et le cinéma ont exprimés comme autant de « retours du refoulé ». Ces études sont, d’une part, centrées sur les problèmes de l’antisémitisme et, ce faisant, sur les rapports des sociétés germanophones à la Shoah. D’autre part, il est question de la confrontation aux violences subies telles que les bombardements, la fuite devant l’armée rouge et les expulsions, les viols massifs.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 112 (juin 2012) : Les enfants de la Guerre d'Espagne. Expériences et représentations culturelles

    Le dossier de ce numéro est consacré aux expériences et aux représentations culturelles de l’enfance pendant la guerre d’Espagne. Il s’agit d’aider à mieux comprendre ce conflit qui a déchiré une même population sur un même territoire en proposant une mise en regard du vécu des enfants espagnols – consigné sous diverses formes pendant ou après le conflit – et des représentations variées de ces mêmes enfants, en particulier celles émanant des adultes.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 111 (décembre 2011) : Art & propagande : jeux inter-dits

    L’apparition des médias a encouragé les institutions politiques (des partis politiques aux gouvernements) à promouvoir leur image pour emporter la conviction du public auquel elles s’adressaient. Les pouvoirs autoritaires ont trouvé dans cette ressource un moyen de consolider leur domination. Or, comment les artistes ont-ils pu prendre part à la propagande dont l’utilitarisme est à l’opposé des fins que l’on attribue généralement à l’art ? On-t-il dû mettre de côté leur vocation, ou l’ont-ils eux-mêmes détournée ?

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 110 (octobre 2011) : Déplacements, déportations, exils

    Les déplacements de population sont utilisés par les États ou les groupes criminels pour isoler des populations qu’ils prennent pour cible ou qu’ils veulent s’aliéner. Perte de visibilité publique, privation des repères et des cadres sociaux sont alors des processus complémentaires à la négation des droits communs. Procédant ainsi, il est alors possible de faire subir à ces populations des contraintes (déterritorialisation, travail forcé…) ou des violences (famine, massacre, génocide…). Ces phénomènes, qui ont acquis une ampleur sans précédent après la guerre de 1914-1918, ne cessent de s’accroître à l’échelle du globe. Mais leur réalité se double aussi d’une dimension mémorielle. En effet, il y a une mémoire des déplacements qui s’exprime maintenant à travers la littérature, avec des expositions et dans des musées. Ce dossier traite de ce double aspect historique et mémoriel dont nous sommes les contemporains.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 109 (mars 2011) : La bande dessinée dans l'orbe des guerres et des génocides du XXe siècle

    Mise au service ou revenant sur les guerres et génocides du XXe siècle, la bande dessinée fut mêlée aux plus sombres évènements de notre Histoire.
    La première partie du dossier évoque le rôle joué (en France, en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas) durant la Seconde Guerre mondiale par des éditeurs et auteurs de bandes dessinées qui se mirent au service de l'envahisseur ou qui, au contraire, lui résistèrent. En relevant les contributions de la bande dessinée aux efforts de guerre, c'est son potentiel même en tant que moyen d'action et de propagande qui est ici mis en exergue.
    La seconde partie du dossier concerne les possibilités d'évocation des auteurs de bandes dessinées lorsqu'ils reviennent sur les évènements. De la première à la Seconde Guerre mondiale, des génocides commis à l'encontre des Arméniens, des Juifs, des Cambodgiens ou des Tutsi aux massacres de Sabra et Chatila, la dimension créative dont fait preuve la bande dessinée en abordant ces sujets longtemps tenus pour inaccessibles atteste de ses capacités à opérer au-delà de la « simple » restitution des faits.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    N° 108 (septembre 2010) : Le traitement de l'histoire dans les documentaires filmiques

    Ce dossier se propose d'analyser les contraintes qui pèsent sur l'écriture télévisuelle de l'histoire. Il privilégie l'étude des documentaires historiques produits pour/par la télévision, désormais canal de transmission dominant de l'histoire. Aux côtés d'historiens (Annette Becker, Laurent Veray, Isabelle Veyrat-Masson) dont les travaux traitent du rapport à l'image animée et de sa valeur cognitive, d'autres chercheurs et enseignants (Charles Heimberg, Fanny Lautissier, Matthias Steinle) ont été sollicités. Mais la parole a aussi été donnée à tous les acteurs de la production, des réalisateurs (Patricia Bodet, Serge Viallet), des producteurs (Jacques Kirsner) ou encore des documentalistes spécialisées dans la recherche d'archives filmiques (Anne Connan, Christine Loiseau). En raison des enjeux de mémoire et de la question du statut de vérité qu'elle soulève, La chaconne d'Auschwitz, documentaire réalisé par Michel Daëron, a été analysée du point de vue de l'historien-conseiller historique (Sonia Combe) commenté par le réalisateur et la monteuse, Eva Feigeles.

    Sommaire, résumés et textes intégraux | Notes de lecture

    n° 107 (juin 2010) : L'Aveu

    Au cours de l’Histoire, l’aveu s’est déplacé de la sphère judiciaire (et/ou du christianisme) vers d’autres composantes sociales. Si bien qu’aujourd’hui, il se manifeste ou s’exprime en nombre d’occasions, ce dont attestent les contributeurs à ce dossier qui envisagent l’aveu dans ce qu’il a de structurant. En effet, qu’ils soient linguistes, spécialistes en études littéraires, historiens, chercheurs en sciences de l’information et de la communication, ces derniers montrent, à partir de l’analyse de textes – littéraires ou non –, de films – de fiction ou pas –, et/ou d’événements particuliers, que l’aveu témoigne du rapport qu’un groupe ou une personnalité entretient à son passé et à son avenir, en même temps qu’aux autres, c’est-à-dire à ceux qui en sont les destinataires. Mais, si plusieurs auteurs montrent comment l’aveu dit le vrai, d’autres montrent aussi qu’il peut s’en éloigner, ou faire accéder à une vérité autre que celle que son auditoire pourrait en attendre.

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 106 (mars 2010) : Faux Témoins

    Dans les sciences humaines et sociales contemporaines, les travaux sur le témoignage et les témoins se sont multipliés. Revers de la médaille, les faux témoignages et les faux témoins sont plutôt délaissés ou laissés en pâture à leurs dénonciateurs. Pourtant, on peut prendre le phénomène au sérieux. Ce dossier le met ainsi « à l’épreuve » en répondant à une série de questions : si l’on est souvent « pris à témoin », quelles sont les configurations sociales et psychologiques faisant qu’on est « pris », plus ou moins longtemps, par la croyance en un faux témoignage ? Quel est le rôle des industries culturelles et médiatiques dans ce phénomène ? Comment penser les relations entre faux témoignage, témoin fictif et fiction ?

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 105 (décembre 2009) : Charlotte Delbo

    Pourquoi un dossier sur Charlotte Delbo ?
    Jusqu'à présent les études majeures sur Charlotte Delbo nous sont venues d'Angleterre et des États-Unis. En France, hormis un cercle restreint de fidèles et d'universitaires, on ne s'est pas intéressé à elle et pas plus à son œuvre. Aucun dossier de revue. Aucun recueil.
    Intellectuelle et femme de théâtre importante, Charlotte Delbo (1913-1985) s'est très tôt engagée du côté des communistes, sans pour autant adhérer au parti. Résistante, elle est arrêtée et déportée dans le convoi du 24 janvier 1943 pour Auschwitz où elle est internée avant d'être transférée à Ravensbrück. Son œuvre testimoniale, l'une des plus importantes sur la terreur concentrationnaire nazie, se prolonge par de nombreux textes, la plupart de théâtre, qui confirment son engagement contre toute forme d'oppression politique, de l'Algérie au Goulag, du Chili à la Grèce.

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    n° 104 (septembre 2009) : L'Antifascisme revisité. Histoire – Idéologie – Mémoire

    À l’occasion du XXe anniversaire de la chute du Mur et de la disparition de la RDA, ce numéro revient sur l’antifascisme comme un des éléments essentiels à la fondation de cette « autre » Allemagne. Antifascisme « décrété », selon les uns, « mythe » selon les autres, ce dossier propose de réinterroger la notion en tenant compte aussi bien des réalités historiques que des manipulations idéologiques. Des recherches récentes, conduites à partir de fonds d’archives encore peu exploités, donnent une image plus nuancée de l’antifascisme en RDA, de ses aspirations, de ses limites et de sa mémoire. Il était important de ne pas en rester au cas allemand, afin de proposer des points de comparaison. Entrent ainsi en ligne de compte la perception de l’antifascisme en Italie et en France, l’histoire complexe de la résistance slovène en Autriche et les aléas d’une association internationale comme la FDIF. Le dossier croise des études historiographiques avec des analyses de documents biographiques, de figures héroïques, d’expositions, de monuments ou d’œuvres littéraires dans les perspectives des « cultural studies ».

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    n° 103 (juin 2009) : Crimes et génocides nazis à l'écran

    Ce dossier intitulé « Crimes et génocides nazis à l'écran » répond à plusieurs attentes. Il s'agit de faire le point sur une iconographie qui a amplement influencé les représentations de la seconde moitié du XXe siècle, faisant du motif concentrationnaire au cinéma, dans la photographie, dans l'art, un genre en soi. Les images des camps nazis, filmées à la fin de la guerre par les troupes alliées qui ont découvert les structures concentrationnaires, ont en effet joué un rôle écrasant dans l'imaginaire des années qui ont suivi. Pour certains, elles ont même fondé la modernité du cinéma. On en trouve des traces dans le film documentaire et le film romanesque, dans les films d'avant-garde et dans le cinéma populaire, dans toutes sortes de productions visuelles venues de tous horizons. On pourrait même considérer que le cinéma des quarante dernières années a impulsé plus qu'il ne l'a accompagnée l'institutionnalisation de la Shoah. Comment analyser cette insistante pénétration ?

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 102 (mars 2009) : Criminels politiques en représentation. Arts, cinéma, théâtre, littérature, médias

    Les arts et la littérature ont toujours réservé une place importante aux crimes et aux grandes violences (martyres, massacres et champs de bataille), cette inclination n’a pas diminué aujourd’hui. Le théâtre a déjà, dans les années 1960, dénoncé les crimes nazis et leurs complices à travers la mise en scène des criminels eux-mêmes (L’Instruction de Peter Weiss, Le Vicaire de Rolf Hochhuth). Mais le nazisme n’est pas leur seul centre d’intérêt. Comme tout despote, Franco a eu son lot d’hagiographes et l’ambiguïté de personnages de la Phalange se retrouve jusqu'à récemment dans des romans mémoriels espagnols. À propos du Rwanda, commencent à paraître des récits qui s’attachent aux génocidaires. Sur les Khmers rouges, quelques films et bandes dessinées ont été réalisés. Ce dossier explore les différentes formes de présence des criminels politiques dans la littérature, le cinéma, le théâtre et les arts plastiques en Europe, en Afrique et en Asie. Il s’intéresse aussi à leur représentation médiatique, notamment en Argentine et en Afrique du Sud, posant la question : le bourreau est-il vraiment un témoin ?

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 101 (décembre 2008) : Quelle pédagogie, pour quelle(s) mémoire(s) ?

    Comment mettre à profit nos expériences aussi diverses que polyphoniques pour repenser aujourd’hui de façon novatrice l’ « éducation à la mémoire » ?
    La pédagogie est investie de la tâche de transmettre ce savoir particulier sur les violences extrêmes que l’on nomme désormais mémoire, terme générique et pourtant combien plurivoque. En vertu de quoi, elle se trouve régulièrement sommée d’apporter des réponses aux attentes qui traversent les sociétés modernes. Il s’agit notamment de satisfaire à la reconnaissance de mémoires qui ont depuis peu émergé et par lesquelles des communautés et des groupes sociaux cherchent à se faire identifier.
    Ce dossier porte l’interrogation sur la pédagogie de la complexité historique au regard de la pluralité des sensibilités communautaires et nationales. Il aborde la question de l’influence de l’actualité mémorielle et de la place qu'y tient la Shoah. De nombreux aspects méthodologiques y sont également abordés.

    Sommaire, résumés et textes intégraux

    N° 100 (septembre 2008) : Questions de « bourreaux »

    Aujourd’hui, les bourreaux montent plus souvent sur l’échafaud pour y être exécutés que pour y travailler.
    Le sens moderne de « bourreau » couvre un ensemble d’individus qui, des planificateurs aux exécuteurs, en passant par les nombreux intermédiaires, commettent des crimes collectifs qui marquent notre histoire. Les articles que rassemble ce dossier interrogent les bourreaux par leur légende, leur vie privée, leur Journal, leur institution et l’organisation qu’ils ont voulu mettre en place à l’intérieur des lieux où ils sévissent. Le sujet est vaste. Il ne risque pas de se périmer. Il est même d’actualité.

    Sommaire, résumés et textes intégraux

 
Nos activités sont soutenues par :logo loterie fr logo_fwb   logo_bnb_fr       Nous sommes membre du BCH : 

Contact

Fondation Auschwitz – Mémoire d'Auschwitz ASBL
Rue aux Laines, 17 boîte 50 – B-1000 Bruxelles

   +32 (0)2 512 79 98
   +32 (0)2 512 58 84
   info@auschwitz.be

Bureaux ouverts du lundi au vendredi de 9 h 30 à 16 h,
accès de préférence sur rendez-vous.

twfbytin

Devenir membre

Pour devenir membre adhérent de la Mémoire Auschwitz ASBL, pour participer à ses activités et soutenir ses actions, il suffit de nous contacter et de verser la somme de 40,00 € au compte n° 310-0780517-44 (IBAN : BE55 3100 7805 1744 – BIC : BBRUBEBB)

Tout don supérieur à 40,00 € donnera lieu à une exonération fiscale pour les contribuables belges. 

S'abonner

à notre newsletter en français

catchme refresh
Joomla Extensions powered by Joobi