Fondation Auschwitz - Sommaire et résumés du n° 124
Nouvelle Collection de la Fondation Auschwitz
Éditorial : La mémoire revisitée ? (Frédéric Crahay)

Chroniques
  • Quand la maison d’Izieu accueillait des enfants belges… (entretien avec Bettina Vanherweghem mené par Baudouin Massart)
  • Remember : Memento mori, victimes et bourreaux (Gorik de Henau)
  • Requiem pour un massacre d’Elem Klimov : Le film de guerre russe « oublié » (Brecht Capiau)
  • War dogs : Des chiens fous dans l’instabilité géopolitique (Gorik de Henau)
  • Corps en ré-volution : Entretien avec Mokhallad Rasem (Marieke Breyne et Sofie de Smet - UGent)
  • Portraits d’artistes en aphasies : Yohanan Zaraï et Rosemarie Georgi (Daniel Weyssow)

Portfolio : The Evidence Room (Frédéric Crahay)

L'entretien : Amos Gitai. « History is not a linear story » (entretien mené par Gorik de Henau)

Dossier : La musique dans les camps
  • Présentation (Klaas Coulembier)
    La musique a fait partie intégrante de l’univers concentrationnaire, nazi et autre. Quel genre de musique était composée et exécutée, et quel en était le rôle exact dans les camps ? Facteur de survie et de résistance pour les détenus, une façon pour eux d’exprimer leur espérance et leur humanité – ou, au contraire, instrument d’oppression exploité par les bourreaux ? Quelle est la fonction de la musique dans le travail de mémoire suivant l’expérience de violence et de souffrance extrêmes ? Ce dossier propose de parcourir ces problématiques.
  • Music in Concentration Camps 1933-1945 (Guido Fackler)
    La « musique dans les camps de concentration » nous rappelle en premier lieu le « Chant des déportés » (Moorsoldatenlied), les chants de Dachau ou Buchenwald et les représentations à Theresienstadt. Pourtant, la musique joua un rôle crucial dans la vie quotidienne de tous les camps de concentration nazis. L’auteur donne des exemples de prisonniers forcés de chanter des chants populaires durant les marches, les exercices et les sanctions disciplinaires, et d’ensembles chargés de jouer les morceaux préférés des gardiens. La musique dans les camps servit ainsi à insulter, humilier et punir. En même temps, elle constitua un soutien émotionnel indispensable pour les détenus. Pendant des commémorations secrètes, les réunions de prières ou les concerts autorisés et dans leurs propres compositions, la musique devint une forme de protestation spirituelle.
  • La musique dans les centres de mise à mort de l’Aktion Reinhardt (Bruno Giner)
    Dans les centres de mise à mort de l’Aktion Reinhardt, contrairement à Auschwitz-Birkenau, il y eut assez peu d’activités musicales : la durée de vie y était bien trop courte. La fonction principale de ces quelques activités musicales relève de la propagande et c’est principalement lors de l’arrivée des convois que de petits orchestres se faisaient entendre. Constitué de musiciens amateurs leur principale tâche consistait à jouer quelques morceaux entraînants afin de donner l’illusion aux nouveaux arrivants qu’il ne s’agissait que d’un simple camp de transit. Cette ignominieuse tromperie était destinée à éviter tout mouvement de panique.
  • Les orchestres dans le système concentrationnaire nazi : fonctions et réception (Amaury du Closel)
    L'aspect le plus remarquable de la musique dans les camps est peut-être l'existence de tant d'ensembles musicaux organisés, allant de petits groupes de deux ou trois personnes jusqu'à de grands orchestres symphoniques et des chœurs. Amaury du Closel fournit un examen et un développement approfondis des aspects les plus importants de ce phénomène particulier.
  • Music in Japanese American Concentration Camps. The Film Hidden Legacy and its Impact on the Collective Memory (Minako Waseda)
    De nombreuses études académiques ont analysé les différents aspects de l’internement des Japonais-Américains aux États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, la vie quotidienne des détenus, et notamment leur vie musicale, est longtemps restée un sujet marginal. Cet article reprend les résultats d’une étude de 2015 de Minako Waseda pour ensuite analyser l’attitude des Japonais-Américains face à la période d’incarcération et les évolutions depuis les années 1990. L’auteur se base sur une série de spectacles, d’expositions et de films. Hidden Legacy: Japanese Traditional Performing Arts in the World War II Internment Camps, un film documentaire de 2016, a été particulièrement important à ce propos. L’on constate que la volonté d’« américanisation » et d’assimilation a initialement modelé la mémoire de l’internement, qui est aujourd’hui revisitée.
  • Hélios Azoulay, « Sauvée des cendres » (entretien mené par Daniel Weyssow)
    Avant d'être transféré à Auschwitz, Viktor Ullmann travaillait sur un opéra racontant l'histoire de Jeanne d'Arc. Le livret a été préservé dans sa totalité (et est offert dans ce dossier, ainsi que le disque), mais il ne subsiste que deux pages de musique. Hélios Azoulay et l'Ensemble de Musique Incidentale ont pris ce fragment comme point de départ d'une nouvelle aventure musicale. L'entretien réalisé par Daniel Weyssow de la Fondation Auschwitz montre que même aujourd'hui, la créativité trouve son origine dans ces événements historiques.
  • Livret + CD « Sauvée des cendres »
  • Un coup de shofar pour Jeanne d'Arc (Pierre-Emmanuel Dauzat)

Varia
  • Les femmes déportées de France par mesure de répression : Nouvelles perspectives (Pierre-Emmanuel Dufayel)
    Si la déportation représente l’aspect essentiel de la répression subie par les femmes en France sous l’occupation, les travaux se sont longtemps limités aux recherches menées par les anciennes déportées elles-mêmes. L’ouverture de sources multiples et inédites, contrastant avec l’idée persistante d’une histoire sans archives, permet d’ouvrir le champ de la recherche et de renouveler les perspectives.
  • Les camps d’internement juifs dans la France de la zone libre (1940-1942). Territoires d'une tragédie et lieux de mémoire vivant (André-Louis Sanguin)
    Cet article explique les circonstances dans lesquelles le gouvernement français fut amené à créer des camps d'internement dans le Sud du pays à la suite de l'effondrement de la République espagnole. Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, cinq principaux camps furent utilisés pour y interner les Juifs étrangers, notamment les Juifs allemands réfugiés en France après l'avènement du nazisme. Ces camps sont analysés successivement dans le contexte physique et social de l'époque. Véritable archipel de la honte, ils furent l'antichambre de la Shoah puisque de multiples convois déportèrent ces Juifs à Drancy avant le trajet final vers Auschwitz. Au cœur de cette tragique réalité, un programme de sauvetage des enfants, autorisé par Vichy, permit à vingt-cinq organisations humanitaires de récupérer une partie des jeunes Juifs de moins de seize ans. Cet article évalue les diverses politiques mémorielles mises en place aujourd'hui dans ces camps.
  • « Le dernier des Mosaïcans » : Philippe Ancel et le testament graphique des Juifs de l’Europe de l’Est (Kathleen Gyssels)
    Dans Réflexion sur le XXe siècle, un titre inédit de son oncle André Schwarz-Bart, l’auteur du Dernier des Justes revient sur « l’iconology de l’intervalle » : à mesure que les derniers témoins de la Shoah disparaissent, les visages des témoins s’effacent et leurs paroles risquent de s’envoler. Si l’écrivain a pour mission d’encrer pour sauvegarder leur mémoire, le plasticien qu’est son cousin Philippe Ancel, se consacre à la même tâche : dessiner les visages de ses ancêtres et de ses proches disparus lors de la Shoah.

Site mémoriel
  • Trois églises grecques en Afrique centrale : Lieux de mémoire russes (Vladimir Ronin)
    Entre 1870 et 1970, plus de 700 hommes et femmes originaires de l’empire russe se sont rendus dans les possessions belges d’Afrique centrale. Au Congo belge et au Ruanda-Urundi de l’époque, surtout dans les villes, les ingénieurs, médecins, agronomes, marins hydrographes, géologues, mécaniciens, entrepreneurs russes et leurs familles, de religion orthodoxe chrétienne, étaient fortement attachés aux églises grecques, car des paroisses russes il n’y en avait pas. Comme lieux de mémoire qui nous rappellent aujourd’hui encore certains épisodes de la vie des Russes dans l’ancienne Afrique belge, on peut donc citer et, à l’occasion, visiter quelques belles églises grecques dans la République Démocratique du Congo et au Burundi actuels.
  • L’enclos des fusillés de Noville (Bastogne) (Baudouin Massart)
    16 décembre 1944, Adolf Hitler lance l'offensive des Ardennes, son va-tout pour renverser le cours de la guerre. Objectif : reprendre le port d'Anvers et couper en deux les armées alliées. Les troupes allemandes ont pour ordre de mener une bataille brutale afin de terroriser l'adversaire et d’avancer rapidement. Ce qui sera interprété comme : pas de prisonniers militaires, ni de pitié pour les civils. Si les noms de Malmedy, Stavelot et Bande sont connus pour les massacres de GI's et de civils, d'autres sont moins connus comme celui du petit village de Noville, sur la N30, à proximité de Bastogne.

Librairie
  • Raymond Spira, Le nazisme, l'apartheid et le droit. Quand l'injustice se fait loi, Neuchâtel, Alphil, 2016, 260 p. (Anne Roche)
  • Karine Le Bail, La musique au pas. Être musicien sous l'occupation, Paris, CNRS, 2016, 440 p. (Michel Enaudeau)
  • Tania Crasnianski, Enfants de nazis, Paris, Grasset, 2016, 285 p. (Jean-Pierre Pisetta)
  • Sabine Bordon, Sheikh Mat, le roi est pris, La Louvière, Le livre en papier, 2016, 166 p. (Daniel Weyssow)
  • Daniel Arsand, Je suis en vie et tu ne m'entends pas, Paris, Actes Sud, 2016, 272 p. (Anne Roche)
  • Le procès de Nuremberg : 70 ans après, Historia, n° 838, octobre 2016 (Amandine Grillo)
  • Claire Zalc, Dénaturalisés. Les retraits de nationalité sous Vichy, Paris, Seuil, 2016, 388 p. (Baudouin Massart)
  • Chris Simon, Memorial Tour, Éditions du Réalisme Délirant, 2016, 147 p. (Anne Roche)

Laboratoire mémoriel
  • Carnet de voyage : Sur les traces des crimes des Khmers rouges : Découverte et description de « lieux » de mémoire cambodgiens (Mélanie Moreas)
    Cet article vous emmènera à la découverte de deux « lieux de mémoire » majeurs cambodgiens qui ont été le témoin des atrocités commises par les Khmers rouges entre 1975 et 1979. Cette visite virtuelle du Centre de détention S21 et du charnier de Choeung Ek vous plongera dans l’enfer vécu par les millions de personnes qui ont croisé la route des complices de Pol Pot. Les témoignages, les descriptions et les exemples mis en avant nous rappellent que le « Plus jamais ça » n’a été qu’une illusion éphémère.

À lire / à voir / à suivre
 
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