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ANALYSES

Le Kivu, province de l'est de la République démocratique du Congo, est ravagé depuis plus de vingt ans par les luttes incessantes, conséquences de la ruée vers le coltan, un minerai indispensable à la fabrication des smartphones et des ordinateurs portables. La bande dessinée Kivu, signée Christophe Simon et Jean Van Hamme, revient sur cette terrible réalité.

Les commémorations de la libération de la Belgique du joug nazi, commencées en septembre 2019 se prolongeront jusqu’en mai 2020. Après celles du centenaire de la Première Guerre mondiale pendant quatre années, le public ne frise-t-il pas une overdose commémorative ? La Seconde Guerre mondiale étant plus idéologique que la Première, la tâche semble plus ardue, car les blessures ne sont pas oubliées. La Question royale, la collaboration, l’extrême droite, sont des sujets qui n’ont pas fini de faire débat dans notre Belgique fédérale. Commémorer sereinement une guerre complexe qui a laissé tant de séquelles, est-ce possible ?

Dans son film burlesque consacré au criminel de guerre Willi Herold, Robert Schwentke raconte une histoire controversée. Il confronte les Allemands, d’une façon particulièrement douloureuse, à une page noire de leur histoire.

Tous les mots ne se valent pas. Cette simple vérité prend un relief tout particulier lorsqu’il est question du génocide des Tutsis au Rwanda. Depuis son déclenchement jusqu’à aujourd’hui, les mots utilisés, intentionnellement ou par ignorance, ont souvent servi à corrompre la réalité.

Auschwitz incarne plus que tout autre lieu en Europe l’ensemble des crimes commis par l’Allemagne hitlérienne. Il est devenu, au fil des années, le lieu qui les cristallise. Alors que les derniers témoins disparaissent, sa fréquentation ne cesse d’augmenter, attirant aujourd’hui plus de deux millions de visiteurs par an. Le fait qu’il suscite tant d’intérêt est certainement positif, mais ouvre bien des interrogations.

L'association Ibuka-Mémoire et Justice perpétue la mémoire des victimes du génocide des Tutsis au Rwanda. La présidente d'Ibuka-Belgique, elle-même rescapée, Félicité Lyamukuru, revient ici sur le développement de la propagande raciste, depuis la fin des années 1950 jusqu'au déclenchement du génocide.

À partir de janvier 1945, la plupart des survivants juifs polonais rentrent chez eux à Cracovie, Varsovie, Lublin, Lódz, Kielce ou dans d’autres villes et villages dépeuplés de leur population juive. Ceux qui ont réussi à échapper à l’entreprise d’extermination menée par les nazis sont à nouveau victimes de violences antisémites. Des lynchages et des actes de barbarie débutent...

L’histoire des Juifs qui fuient le Reich allemand après l’arrivée au pouvoir des nazis est un immense kaléidoscope de destins croisés, souvent brisés, de dizaines de milliers de familles parties sur les routes de l’exil. La plupart se réfugient dans les démocraties voisines, en Amérique – du Nord et du Sud – ou en Palestine. Quelques récits dramatiques de cette époque sont restés cristallisés dans les mémoires, comme celui du Saint-Louis et son millier de réfugiés chassé de port en port. D’autres, presque tombés dans l’oubli, méritent cependant d’être remémorés. L’histoire de ceux qui ont trouvé refuge en République dominicaine est peu connue.

En 1997, un petit éditeur américain, Mt. Ivy Press, publie A Mémoire of the Holocaust Years. Dans cet ouvrage, Misha Defonseca relate son incroyable histoire, celle d’une petite fille juive âgée de huit ans durant la Seconde Guerre mondiale. En 1941, l’enfant part à la recherche de ses parents déportés à l’Est et parcourt 3 000 kilomètres. Elle est adoptée par une meute de loups... Le livre est présenté comme un récit autobiographique. En 2008, la vérité explose. Rien de tout cela n’est vrai, il s’agit d’une gigantesque supercherie.

Les Amnésiques, paru en 2017 aux éditions Flammarion, résulte de la découverte par l’auteure, Géraldine Schwarz, de l'acquisition à bas prix d’une entreprise juive de produits pétroliers par son grand-père paternel Karl Schwarz en août 1938. La génération des grands-parents de l’auteure est celle des Mitläufer (ceux qui « ont marché avec le courant »).

La problématique de la reconnaissance du génocide arménien est à l’origine de conflits perpétuels entre Ankara et la communauté internationale. La Turquie a son histoire officielle. Elle reconnaît des massacres, évoque une guerre civile ayant entraîné des morts dans les deux camps, mais conteste farouchement l’emploi du terme génocide. Résolue, la communauté arménienne milite pour obtenir une reconnaissance internationale du génocide perpétré à son encontre par le gouvernement jeunes-turcs.

En Belgique, Unia observe que le nombre d'incidents antisémites a pratiquement doublé en 2018, passant de 56 en 2017 à 101 en 2018. Ces chiffres s’inscrivent dans une courbe tendant légèrement à la hausse depuis 2008. Certains étalent ostensiblement leurs signes de sympathie avec le régime nazi, et ce en toute impunité.

Depuis quelques années, nous assistons à l’éclosion d’un nouveau phénomène : des centaines d’anonymes se photographient en exécutant le geste dit de la « quenelle » et postent ensuite ces photos sur la Toile. Geste antisystème pour certains, signe de ralliement antisémite pour d’autres, il a été popularisé par « l'humoriste » Dieudonné Mbala Mbala.

Lili Keller-Rosenberg a été déportée à l’âge de 11 ans, avec sa maman et ses deux petits frères, au camp de Ravensbrück et ensuite à Bergen-Belsen. Elle nous a confié son témoignage sur les horreurs de la vie concentrationnaire et l’importance que revêt pour elle l’acte de transmettre. C’est avec le développement des discours négationnistes qu’elle a redoublé d’énergie en ce sens, appelant à la vigilance et au refus de toute forme de discrimination. Elle reste infatigable, surtout auprès des jeunes, dans les collèges et lycées du Nord et des Hauts-de-France, consciente qu’elle est l’un des derniers témoins à pouvoir encore le faire.

Raphael Toledano, membre du conseil scientifique du Centre européen du résistant déporté – Musée du Struthof, conduit depuis quinze ans des recherches sur les dérives et crimes commis au nom de la médecine et de la science sous le national-socialisme. Il revient ici plus spécifiquement sur les crimes commis par August Hirt.

À Anderlecht, le quartier du « Triangle » vivait, il y a quelques années encore au rythme de sa communauté juive. Hors des circuits touristiques et bouillonnant de créativité, il demeure un lieu d’histoire, un musée sans cartel, un espace dont les mémoires restent vivaces. Albert Aniel est parti à la rencontre de ceux qui l’ont fait vivre et prospérer des décennies durant.

Des journalistes de la BBC ont récemment pu pénétrer dans l’un des camps d’internement de la région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. Leur reportage montre que la visite a été soigneusement mise en scène. Présenter à des étrangers des centres de détention entièrement édulcorés est une pratique qui ne date pas d’hier, signe que l’opinion internationale est importante, même pour les régimes les plus autoritaires. L’Allemagne nazie et l’Union soviétique de Staline ont usé et abusé du procédé. Certaines de leurs manipulations ont fait date dans l’histoire de la désinformation.

Longtemps méconnu chez nous, le calvaire des Rohingyas semble sans fin. Il a commencé à ébranler la communauté internationale lors des pogroms qui se sont déroulés en juin 2012. Le monde assiste depuis lors à un implacable nettoyage ethnique qui plonge ses racines dans des décennies de ségrégation et de persécutions organisées depuis les plus hautes sphères de l’État birman.

L’historienne Stéphanie Courouble-Share a récemment obtenu le retrait d’une centaine de titres négationnistes du site Amazon France. Mais n’est-ce pas la partie la plus visible de l’iceberg ? Dans les faits, trouver un texte négationniste sur Internet ne nécessite que quelques « clics ». Nous nous y sommes essayés.

Chaque jour qui passe amène son lot de comparaison entre l’émergence du fascisme durant l’entre-deux-guerres et les mouvements nationalistes et xénophobes qui secouent l’Europe aujourd’hui. Ces parallèles sont-ils pertinents ?

L’historien Gérard Noiriel vient de publier Le venin dans la plume (La Découverte, 2019) qui s’attache à montrer qu’une même rhétorique balaie les livres d’Éric Zemmour et ceux d’Édouard Drumont, le fondateur de l’antisémitisme moderne en France. Dans une démonstration construite et argumentée, il met en évidence que la matrice de leur histoire identitaire est similaire.