2021Derniers textes publiés

Frédéric Crahay :
Grégoire Jakhian : Ordre de Tuer. Arménie 1915

Nathalie Peeters :
Frediano Sessi : Entretien avec Boris Pahor

Yannik van Praag :

Daniel Weyssow : Exposition virtuelle « Nach Berlin » (Vers Berlin). 75 ans depuis la fin de la guerre


ANALYSES
  • Frédéric Crahay (Mémoire d'Auschwitz ASBL) : Le travail historique à la lumière des défis politiques (PDF)
  • La recherche historique sur la Shoah a fait des bonds de géant ces dernières années, mais elle continue de faire l’objet de détournements, de polémiques et de récupérations. Malgré une production scientifique qui trouve peu d’équivalent dans le monde, la connaissance de ce passé reste pourtant très superficielle au sein du grand public.

    L’exposition #FakeImages qui se déroule du 28 janvier au 7 décembre 2021 à la Kazerne Dossin est élaborée sur base de la collection d’images antisémites d’Arthur Langerman. Elle cherche à déconstruire des mécanismes omniprésents dans nos sociétés (stéréotypes, préjugés, racisme, etc.). Nous avons rencontré Laurence Schram, qui a codirigé la mise sur pied du projet.

    Après trois années à la tête de la Kazerne Dossin, Christophe Busch a fondé, le 27 mai 2020, le Hannah Arendt Instituut voor diversiteit, stedelijkheid en burgerschap (Institut Hannah Arendt pour la diversité, l'urbanité et la citoyenneté) en collaboration avec la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et l’Université d’Anvers. Établi à Malines, ce nouvel institut entend stimuler le débat public et renforcer la société.

    Dans son dernier livre, l’historien Taner Akçam apporte et analyse de nouvelles pièces décisives provenant des archives officielles ottomanes quant aux plans d’extermination de la population arménienne par le gouvernement jeune-turc. Un travail d’enquête rigoureux et salutaire en ces temps de recrudescence du négationnisme.

    L’année 2020 a pleuré la perte de deux passeurs de mémoire : Paul Sobol et Henri Kichka. Tous deux ont fait la douloureuse expérience des camps de concentration, tous deux ont témoigné sans relâche, animés par la volonté d’entretenir la mémoire, de sensibiliser et de faire connaitre les erreurs du passé. Leur expérience d'après-guerre nous éclaire aussi sur la difficulté pour les étrangers et les apatrides d'obtenir le statut de prisonnier politique.

    Dans le camp de Ravensbrück, elles étaient surnommées « Kaninchen » (« lapins »), traduction fragmentaire du mot allemand « Versuchskaninchen » (lapins de laboratoire). Ces femmes détenues ont été victimes d'opérations menées par des médecins nazis au mépris de toute déontologie médicale.

    Le témoignage est un des outils essentiels de la recherche et de l’enseignement de la Shoah. À l’heure actuelle, les derniers rescapés tirent leur révérence. Comment entretenir la mémoire en l'absence de la parole vivante ?

    Herero, Arméniens, Juifs, Tutsi… La nature humaine est parfois susceptible du pire comme en attestent les génocides et violences de masse. Si les témoignages des survivants nous permettent d’appréhender la souffrance des victimes, il en existe peu des bourreaux, rares sont ceux qui ont raconté leurs crimes. Certains ont cependant été contraints de le faire lors de procès. Le bourreau est-il un homme ordinaire, responsable de ses actes ou un monstre sanguinaire ? Les avis divergent et font toujours l’objet de discussions ou de controverses.

    Né à Trieste le 26 août 1913, Boris Pahor est une figure majeure de la littérature slovène et, à 107 ans, doyen de la littérature mondiale. Pendant la Seconde Guerre, lorsque les nazis occupent la région, il rejoint les rangs de l’armée de libération yougoslave. Arrêté par la Gestapo en 1944, il est déporté en Alsace au camp de concentration de Natzwiller-Struthof, puis en Allemagne à Dachau et Bergen-Belsen. Une tragédie qui hante une grande partie de son œuvre littéraire.

    Le destin de Vassili Grossman (1905-1964) est indissociable des grandes tragédies qui ont marqué l’histoire européenne : le nazisme, le stalinisme, la guerre, l’extermination des Juifs. Le Livre noir, travail pionnier sur la Shoah qu'il dirigea avec Ilya Ehrenbourg, fut censuré dans l'immédiate après-guerre. Une censure qui relève de réflexes institutionnels qui ne sont pas propres à la dictature stalinienne.

    Gulbahar Haitiwaji vit en France depuis dix ans lorsqu’elle est conviée, en novembre 2016, à se rendre au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, pour y régler de soi-disant formalités administratives. Soupçonneuse, elle prend cependant un billet d'avion pour un séjour de quinze jours, qui durera presque trois ans. Prise au piège dans le système concentrationnaire chinois, elle va endurer la peur, les interrogatoires, la violence quotidienne et d'interminables séances de lavage de cerveau. Libérée, en août 2019, grâce aux pressions de sa famille et du Quai d’Orsay, elle vient de publier son récit, co-écrit avec la journaliste française Rozenn Morgat.

    Les images satellites sont de plus en plus utilisées pour documenter des exactions là où les enquêtes sur le terrain s’avèrent difficiles, sinon impossibles. Elles ont joué un rôle clé pour prendre la mesure de la politique répressive menée par Pékin envers les Ouïghours et d'autres minorités musulmanes au Xinjiang.

    75 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Berlin se souvient. Et fait état, par des activités culturelles ciblées, de la fin du nazisme et de la libération de la ville par l’Armée rouge, mais aussi de l’Allemagne et de l’Europe occupée. Du 2 au 8 mai 2020, dates anniversaires de la reddition de la ville et de la victoire des Alliés, une série de manifestations ont eu lieu, composée d’une exposition virtuelle, de podcasts et d’une application de réalité augmentée pour tablettes et smartphones. Trois expressions mémorielles montrant les « dimensions historiques et actuelles du sujet en se basant sur divers lieux symboliques de Berlin. »