Fondation Auschwitz - Sommaire et résumés du n° 142
Le Verfügbar aux Enfers
Éditorial (Frédéric Crahay, Directeur de la rédaction)


Chroniques
  • Exposition : La SNCB occupée : entre collaboration et résistance
    Quatre-vingts ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le rôle de la SNCB sous l’occupation allemande a enfin fait l’objet d’un travail historique approfondi. À la demande du gouvernement fédéral et du Sénat, le CegeSoma (Centre d'Étude Guerre et Société), sous la coordination de son directeur, Nico Wouters, a lancé des recherches en 2019 afin de déterminer l’implication du rail belge dans la collaboration, et plus particulièrement dans les convois de déportation (travailleurs forcés, prisonniers politiques, Juifs et Tsiganes) depuis la Belgique et le Nord-Pas-de-Calais. Le rapport présenté au Sénat en décembre 2023 a été suivi de la publication d’une monographie La SNCB face à son passé de guerre : entre collaboration et résistance. Le rail belge sous l’occupation, parue au printemps 2024, ainsi que d’une exposition ouverte en septembre 2025, au musée Train World : La SNCB occupée : entre collaboration et résistance.

  • Film : Quisling: The Final Days. Confessions d’un collaborateur
    Dans l’univers du cinéma, lorsqu’un nom de famille devient un adjectif, c’est généralement bon signe. « Fellinesque » et « lynchien » évoquent par exemple les styles de réalisateurs qui ont marqué de leur empreinte l’histoire du septième art. Quand le public et la presse emploient de tels termes pour parler de l’œuvre d’un autre cinéaste, il faut donc y voir une solide marque de reconnaissance. Par contre, quand le nom d’un personnage politique devient un nom commun, c’est généralement moins bon signe. C’est ce qui s’est produit avec Vidkun Quisling (1887-1945), le ministre-président du Gouvernement national de Norvège pendant la Seconde Guerre mondiale. D’après l’Oxford English Dictionary, « to act as a quisling » signifie « agir comme un traître ». Aujourd’hui, ce personnage controversé est au centre d’une œuvre du réalisateur norvégien primé Erik Poppe. Le film suit Quisling dans les derniers mois de sa vie, alors qu’il se « confesse » au prêtre Peder Olsen, dont le journal sert de point de départ à l’histoire.

  • Bande dessinée : Le Petit nazi illustré dans Le Téméraire (1943-1944) : Propagande & bande dessinée (1943-1944)
    Membre de l’Académie française depuis 2021, Pascal Ory, spécialiste de l’histoire culturelle et politique des sociétés contemporaines, est aussi à ce titre historien de la bande dessinée. Il propose ici une « œuvre de jeunesse ». Son ouvrage constitue une nouvelle édition d’une étude publiée en 1979 aux éditions Albatros et une première fois augmentée en 2002 aux éditions Nautilus. Cette nouvelle édition redonne vie à ce « texte éteint » avec une iconographie plus enrichie. Elle bénéficie d’une préface, comme la première édition, due à Léon Poliakov (1910-1997), historien français d’origine russe et spécialiste de l’étude de l’antisémitisme. Pour cette nouvelle édition, une postface est proposée par Didier Pasamonik, éditeur et journaliste de bande dessinée, commissaire scientifique d’expositions, notamment Shoah et bande dessinée, mise sur pied par le Mémorial de la Shoah à Paris en 2017.

  • Livre : Alicia, l’oubliée de Ravensbrück. Une ode à l’héroïsme simple et discret
    Dans son livre Alicia, l’oubliée de Ravensbrück, Étienne Noël, économiste, passionné par l’histoire humaine et écrivain à ses heures, décrit le parcours réel d’une femme belge, soutien de la Résistance, entraînée dans la déportation par un haut fait, commis à Gand. Ce récit met en lumière l’héroïsme du quotidien dont firent preuve tant de victimes de la barbarie nazie. Pour Alicia, l’horizon s’est définitivement refermé à Ravensbrück.


Grand Entretien
 : Tal Bruttmann
Tal Bruttmann s'est imposé comme spécialiste de la Shoah et de l'antisémitisme en France au XXe siècle et pendant le régime de Vichy. Ses travaux portent sur les politiques antisémites en France pendant la guerre, ainsi que sur la « Solution finale » en Europe. Parmi ses ouvrages majeurs figurent La Logique des bourreaux (2003), issu du dépouillement systématique des archives de l'Isère et consacré à l'extermination des Juifs par le Sicherheitsdienst de Grenoble, ainsi qu'Au bureau des Affaires juives (2006), qui analyse l'application de la législation antisémite par l'administration française sous Vichy. Il a notamment dirigé, en 2000 et 2001, les travaux scientifiques de recherche pour la commission d'enquête de la ville de Grenoble au sujet des spoliations des biens juifs en Isère durant la Seconde Guerre mondiale. Tal Bruttmann participe également aux travaux de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Plus récemment, il a codirigé des recherches sur la microhistoire de la Shoah et s'est particulièrement intéressé aux sources visuelles avec Un album d'Auschwitz. Comment les nazis ont photographié leurs crimes (2023), ouvrage qui déconstruit l'usage des photographies SS comme sources historiques. En 2025, il publie, avec l’historien allemand Christoph Kreutzmüller, Auschwitz. L’image comme source.


Portfolio : Le camp d'Esterwegen et son Mémorial
Esterwegen se situe au nord-ouest de l’Allemagne à une vingtaine de kilomètres des Pays-Bas. Le camp de concentration d’Esterwegen est construit entre juin et août 1933. En 1936, il est le deuxième plus grand camp de concentration du Reich allemand après celui de Dachau.


Mots de Mémoire


Dossier : LES DYNAMIQUES COLONIALES

Les trois contributions réunies dans ce dossier explorent, selon des approches et des terrains différents, la manière dont les sociétés européennes ont construit, négocié et reconfiguré leurs mémoires coloniales au fil du temps.

  • Présentation (Frédéric Crahay)

  • Des soldats libyens en Sicile pendant la Première Guerre mondiale : un cas de rencontre coloniale inversé (François Dumasy)
    François Dumasy propose une analyse originale d'un épisode méconnu de la Première Guerre mondiale. Entre août 1915 et mai 1916, plusieurs milliers de soldats libyens, les « ascaris », accompagnés de leurs familles, furent stationnés en Sicile avant d'être déployés en Cyrénaïque. Ce cantonnement prolongé dans une région pauvre et périphérique de l'Italie offre, selon François Dumasy, une « opportunité rare d'observer un cas de rencontre coloniale géographiquement inversé. »

  • L’Empire colonial français dans la stratégie du Troisième Reich (1936-1945) (Chantal Metzger-van Kote)
    Chantal Metzger-van Kote présente une analyse minutieuse de la place de l'Empire colonial français dans les calculs stratégiques allemands durant la période nazie. S'appuyant sur un dépouillement exhaustif des archives allemandes et françaises, l'auteure examine les revendications coloniales allemandes et leur instrumentalisation par Hitler à des fins de politique intérieure et extérieure. Elle montre que, contrairement aux apparences, le Führer n'a jamais véritablement considéré la reconstitution d'un Empire colonial comme une priorité, privilégiant systématiquement l'expansion continentale à l'Est.

  • Colonial memories and moral change Interactions between collective representations of the colonial past and discourses of morality in Belgium (1960-2020) (Louise Ballière)
    Cet article examine comment les mémoires collectives de la colonisation belge du Congo ont évolué entre 1960 et 2020, en lien avec l’évolution des discours moraux. S’appuyant sur une analyse discursive à long terme des journaux belges et des manuels d’histoire, il retrace les représentations communes du passé colonial sur une période de soixante ans. En reliant les changements dans ces pratiques narratives à des évolutions socio-historiques plus larges, l'article montre comment les mémoires collectives et les discours moraux coévoluent, remodelant ainsi la compréhension du passé au fil du temps.


Varia
  • Un château en Autriche (Michel Levine)
    En mars 1945, dans le Burgenland autrichien, la comtesse Margit Thyssen-Batthyany donne une fête dans son château. Vers minuit, un groupe de ses invités se rend dans une grange voisine et assassine des déportés juifs venus de Hongrie qui s’y trouvaient parqués. Le lendemain, nouveau massacre. Ces crimes, restés impunis, sont promis à l’oubli quand ils ressurgissent dans l’actualité des années 2000 sous la forme de livres, de pièces théâtrales et de films qui dénoncent le passé criminel de l’Autriche et sa politique « victimaire ». Michel Levine retrace l’histoire de ces crimes et de leur résurrection dans les consciences.


  • Nazi Recycling and the Remnants of Genocide (Anne Berg)
    Pendant la Seconde Guerre mondiale également, le traitement des déchets constituait un défi pour les autorités nazies locales et nationales. Le régime semblait se soucier davantage des haillons que les détenus portaient sur eux que du bien-être des détenus eux-mêmes, comme le fait remarquer la professeure Anne Berg dans sa contribution. Celle-ci se penche sur l'histoire de l'Allemagne nazie en tant que « régime des déchets », qui misait fortement sur le recyclage pour l'effort de guerre, jusque dans les ghettos et les camps.


Site mémoriel
  • La première chambre à gaz provisoire du camp KL Auschwitz-Birkenau (« Bunker I ») (Andreas Kilian)
    À Birkenau, une ferme était la plus proche des fosses communes à la lisière de la forêt, entourée de quelques arbres et facilement accessible par un chemin de campagne. Elle se situait au nord-ouest de la section III du camp de prisonniers de guerre de Birkenau, à seulement 250 mètres des fosses communes, à 1,43 kilomètre du poste de garde du camp principal déjà construit et à 2,73 kilomètres de ce qui allait devenir la première rampe d'arrivée des trains de déportation à Birkenau. Elle était néanmoins suffisamment éloignée, dans une zone qui pouvait être facilement bouclée. La ferme était appelée « Bunker » ou « maison rouge » parce que ses murs de briques n'étaient pas crépis. Lorsqu'une deuxième installation de gazage temporaire fut créée à Birkenau, le bâtiment fut rebaptisé « Bunker I ».


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